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Pourquoi compresser ?

La compression est un vaste sujet, pouvant remplir plusieurs volumes d'une revue technique. Cet article n'est donc qu'un essai simple pour vous aider à mieux comprendre ce qu'est la compression et comment elle fonctionne. Pour ceux, beaucoup plus férus de sciences, intéressés par des détails plus pointus, l'Internet regorge de sites traitant du sujet et les bibliothèques ne manquent pas d'ouvrages très documentés.

En photographie numérique, plus la résolution de l'image est élevée et plus l'éventail d'échantillonnage des couleurs est large, plus le fichier-image résultant est important. Afin de rendre l'utilisation et la manipulation d'images numériques plus pratiques - autant pour les transmissions par réseaux que pour le stockage sur disque dur - des algorithmes ont été développés qui réduisent la quantité de données nécessaires pour définir l'image. Lorsque ce processus est inversé, l'image est restaurée. Ces algorithmes de compression sont effectivement très utiles lorsque l'on est limité en espace libre sur le disque, ou lorsque la vitesse de transmission est critique. Pour atteindre un taux d'économie de taille intéressant, beaucoup de ces systèmes de compression sacrifient une relative quantité d'informations constituant l'image. Le but est d'obtenir une image compressée qui, une fois restaurée, est la plus indiscernable possible de l'originale.


Numérisation :

Lorsqu'une photo est numérisée, ses couleurs sont échantillonnées et converties en format binaire. La plus petite partie de l'image échantillonnée s'appelle le pixel. Pour mieux comprendre cet état de l'image, il faut imaginer une carte sur laquelle l'information concernant la couleur de chaque point/pixel est en valeur x-y (cartésienne) ou coordonnées. Lorsque cette carte est reconvertie en image, chaque pixel regagne sa position et sa couleur en rapport avec tous les pixels mitoyens constituant l'image.


Les différents types de compression d'image :

Différents types d'algorithmes ont été développés pour réduire les tailles de fichiers image. Pour notre propos, il n'est pas très utile de les passer tous en revue. Nous distinguerons tout de même deux grandes familles : les compressions de types non-destructives (lossless) et celles de types destructives (lossy) .

Un algorithme de compression de type non-destructif encode les informations de l'image de manière à occuper moins d'espace lors du stockage en mémoire. Un exemple : la compression LZW, un acronyme des noms de ses inventeurs : Lempel, Ziv et Welch, propriété de Unisys. Généralement, LZW peut compresser une photo jusqu'à un ratio de 2:1, parfois un peu plus. La majorité des algorithmes de ce type ne permettent d'économiser que peu d'espace. Cependant, lorsqu'une image est stockée suivant ce procédé, il est ensuite possible de la restaurer sans perte de détails ou de qualité d'image.

Les compressions destructives ignorent carrément une certaine quantité de l'information d'origine. Lorsque l'image est restaurée, elle présente des signes de manque d'information plus ou moins visibles par rapport à l'original. Comme nous le verrons plus tard, cela est souvent moins critique qu'il n'y paraît pour l'instant.

Les algorithmes destructifs, en fonction du niveau de compression choisi, peuvent réduire une image jusqu'à un ratio de 10:1 et même dans certains cas de 20:1. En photographie numérique, un de ces algorithmes est le plus fréquemment employé : il s'agit de celui mis au point par le Joint Photographic Experts Group dont les initiales donnent le nom de ce procédé : le JPEG.

Comment ça marche :

Le JPEG a été créé spécifiquement pour la transmission des images photographiques. Cet algorithme de compression de type destructeur est conçu de sorte qu'il ignore une quantité variable de données constituant originellement l'image. Le JPEG tient compte d'un aspect de la perception visuelle : le fait que l'oeil soit moins sensible aux changements subtils de couleurs qu'aux variations de luminosité.

La compression JPEG agit en trois étapes principales :
      1. transformation
      2. quantification (l'étape destructive)
      3. encodage

La première étape - transformation - change l'information de l'image pour l'exprimer sous forme de chrominance (valeurs de couleurs) et luminance (brillance). De la qualité de cette évaluation dépend la phase suivante : la quantification.

La quantification est l'étape où certaines informations sont ignorées, de sorte que la somme finale d'informations définissant l'image diminue.

La surface totale de l'image est analysée par groupe de 8 x 8 pixels (bloc de 64 pixels). A l'aide d'un procédé mathématique complexe, les chrominances mesurées dans un de ces blocs sont évaluées pour être exprimées en une moyenne valable pour tout le bloc. Autrement dit, les petites variations de couleurs sont ignorées dans ces surfaces.

Finalement, l'encodage, requérant un procédé similaire à une compression de type non-destructive, est appliqué à l'information résultant de la quantification pour utiliser encore moins d'espace.

Lorsque le fichier est relu, le processus est inversé, recréant une image la plus proche possible de l'originale observable à l'oeil nu.

La compression JPEG peut atteindre un indice très élevé. Certaines images ci-dessous en sont la démonstration. Mais c'est une compression de type destructif, cela signifie que des différences, lorsque l'on compare précisément la version JPEG et l'originale, peuvent être constatées. Ces forts grossissements illustrent notre propos ; les effets de la compression JPEG sont beaucoup moins flagrants à taille normale.

Quelques exemples :

L'image de droite est un exemple de l'effet de la quantification d'un JPEG. De légers blocks carrés sont visibles sur toute sa surface, montrant les zones où la quantification s'opère. Ce processus réduit la chrominance dans ces espaces, les petites variations de couleurs étant ignorées.

Le résultat est une perte de détails ou de piqué dans l'image. Ceci peut être difficile à percevoir lorsque l'image est présentée à la taille à laquelle elle a été conçue. Néanmoins, une légere altération dans les textures et les couleurs est souvent perceptible.

NOTE: Les images jouxtant ce paragraphe sont en format JPEG, mais à un faible niveau de compression. Celles-ci sont issues de forts grossissements et laissent apparaître les effets de la compression.


L'image non compressée :

  Ici, l'image est un grossissement à 200% du même objet en bois vu ci-dessus. Elle présente un plus grand nombre de subtilités dans la couleur, ainsi qu'une bordure beaucoup plus douce de la zone noire. Avec les appareils numériques, la possibilité de conserver les images sans aucune compression peut être un excellent atout lorsque les détails sont primordiaux. Et c'est de plus en plus un mode de capture dont les nouveaux appareils sont pourvus ; avantage fort intéressant avec la diminution du prix des cartes mémoire et l'augmentation de leur autonomie.

L'impact sur la couleur :

Nous vous présentons maintenant deux images apparemment identiques. L'une est une version très compressée en JPEG, l'autre ne l'est pas du tout. Pour bien montrer la différence entre ces deux "résultats", nous les avons ouverts dans une application d'édition d'images et les avons agrandis à 300%. Une capture directe de l'écran a donné ces imagettes. Pour éviter l'apparition de plus d'artefacts, nous les avons ensuite conservées en format GIF. La compression GIF réduit la palette de couleurs pour diminuer la taille du fichier image, or ces images ne contiennent que peu de couleurs (bleus, verts et noirs), le format GIF n'a donc que très peu d'effet sur elles.

Cette image montre l'effet de la quantification faite par le JPEG. D'une part, le bleu du ciel contient moins de tonalité que dans l'image de droite et présente des échelles dues à la quantification. D'autre part, il y a une dégradation de la netteté du bord de la poutre.

Cette image contient toujours de vraies nuances de bleu dans le ciel. Les bords de la poutre se détachent nettement, aucun mélange n'apparaissant dans ce cas. Le flou est la première dégradation remarquable dans une image compressée en JPEG.

Les avantages et inconvénients de la compression JPEG :

Le réel intérêt de la compression JPEG provient de la diminution effective de la taille du fichier image. Pour les appareils numériques, cela permet de stocker plus d'images dans une quantité donnée de mémoire. En contrepartie, une nette perte de qualité d'image survient et s'aggrave avec l'augmentation du taux de compression.

La compression JPEG est donc un outil utile. Elle permet d'envoyer sur Internet ou par e-mail des images de bonne qualité, qui, non compressées, demanderaient un temps de transfert très important. Elle favorise également le stockage chez soi de beaucoup d'images qui nécessiteraient sans cela énormément d'espace sur un(des) disque(s) dur(s).

L'inconvénient du format JPEG réside dans son mauvais traitement des bordures franches et du texte qu'il tend à rendre flous en mélangeant les bords avec le fond.

En outre, la compression JPEG réduit la profondeur des couleurs d'une image. Dans certaines situations et avec une forte compression, il peut advenir une dominante colorée sur toute la surface de la photo.

Les effets de la compression JPEG sur le texte :

Les exemples ci-dessus illustrent l'effet de la compression JPEG sur du texte ou des bordures aiguës. Notez que, une fois encore, ces images sont considérablement agrandies. La majorité de leurs imperfections est nettement moins visible à taille réelle. Néanmoins, elles présentent bel et bien la disparition de détails qui survient lors de la compression.


Notre opinion :

Les lecteurs de megapixel.net remarqueront sans doute que nous signalons, lors de nos tests, la possibilité pour un appareil d'enregistrer les images sans aucune compression. La raison en est simple : nous avons constaté que l'étude des images obtenues uniquement par le biais de l'objectif et du capteur nous en apprend beaucoup plus sur les qualités photographiques de l'appareil.

Tandis que la compression offre de nombreux avantages en photographie numérique, l'observation précise du résultat obtenu sans qu'une compression intervienne nous semble sans équivoque. Tout d'abord, elle permet de rendre effectivement compte des qualités intrinsèques du boîtier - que l'acquéreur est en droit d'exiger. De plus, dans certains cas, une image pleine de détails peut être une alternative bien agréable. Ne serait-ce que pour ces deux raisons, l'option de non compression ne devrait jamais être négligée.

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