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Il y a autant de manière de faire de la photo qu'il y a de photographes. Mais pourtant, le terme récurrent à tout jugement dans ce domaine est composition. Car une image, pour être bonne et lisible, se doit d'être correctement composée. Si le sujet est mal positionné dans le cadre, il peut être ignoré ou le sens de la photo mal interprété.

Sans entrer dans une querelle d'expert, il faut tout de même retenir un certain nombre de règles car, comme chacun sait, les règles servent à être brisées… dans certains cas. Mais encore faut-il les connaître avant de prétendre les outrepasser.


Depuis de nombreux siècles, les architectes tout d'abord, puis les peintres à la Renaissance et bien plus tard - au milieu du siècle dernier - les photographes, se servent des mêmes repères basés sur le nombre d'Or. Ce nombre d'Or détermine le rapport idéal de la largeur à la longueur d'un cadre, d'une ouverture dans un bâtiment (porte, fenêtre) et même d'un écran de télévision et est directement issu du champ de vision de l'œil. Grosso modo il correspond au rapport 2/3x1/3 que l'on retrouve par exemple en 24x36 (ou en 6x9).


Dans ce même cadre, la règle des tiers (ainsi appelée en photographie) définit à son tour les différents points forts de l'image où devraient s'inscrire le sujet, le positionnement de l'horizon et le rapport ciel/terre.

En effet l'œil de l'observateur se pose rarement au centre de l'image, mais décrit plutôt un Z (en haut à gauche puis à droite puis en bas à gauche puis à droite) suivant tout simplement du sens de lecture occidentale. Il faut donc guider le regard de l'observateur vers le sujet.
De même les compositions comportant des diagonales sont généralement régies par ce même nombre d'Or ou règle des tiers.


Toutes ces règles peuvent bien entendu être contournées si cet acte est justifié par une démarche d'auteur solide.


Dans tous les cas, il faut aussi prêter particulièrement attention, lorsqu'on photographie des individus, à ne pas coincer son regard contre le rebord de l'image.

Notez le sens du regard du modèle de cette célèbre peinture et l'espace qui y est alloué. La composition en diagonale est tout aussi remarquable.


Johannes Vermeer
1632-1675
La dentellière.
Mais cette règle a ses limites. Quand on photographie en grand angle, un soin particulier doit être apporté au cadrage et à la composition : ce type d'objectif déforme en général les lignes droites se trouvant en bordure de cadre. C'est pourquoi, dans un souci de reconnaissance universelle, en photographie de paysage il est convenu de placer l'horizon sur la ligne médiane de l'image afin que celui-ci ne soit pas atteint d'une courbure plus ou moins marquée, flanquant par terre toute la poésie de la largeur de champ photographié et l'effet de profondeur et d'étendue.
De même les verticales en architecture ne doivent pas figurer trop au bord de l'image sous peine de devenir courbes et de perdre leur sens architectural. Il faut être particulièrement vigilant sur ce point en photographie numérique, car les appareils de ce type sont équipés d'optique grand angle très difficile à corriger totalement et souffrant généralement de distorsion en barillet en grand angle et en coussinet en téléobjectif.

Tout cela revient à dire que même si l'instantané est le propre de la photographie, lorsque vous prenez le temps d'observer les grandes images de ce siècle qui restent vivaces dans notre mémoire, vous vous apercevrez que leur composition est d'une précision sans faille.

Il vaut mieux donc prendre son temps lorsque cela est possible, tourner autour du sujet afin d'en percevoir le meilleur angle et, avant de déclencher, composer tranquillement son image. Ainsi, vous aurez plus de chance de faire ressentir l'atmosphère spéciale qui vous a fait utiliser votre appareil.
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