| Je
suis généralement
assez doué pour me servir d’un flash avec mon
reflex. Je sais utiliser les murs pour le faire réfléchir,
surtout dans ma salle à manger au plafond en bois
sombre pendant les repas familiaux. Je me débrouille
maintenant suffisamment pour éviter à mes images
d’avoir l’apparence de photographies de scènes
de crime des années 50, éviter les yeux rouges
et bluffer mes amis et membres de la famille, même
si lorsque je traite mes images j’en vois toutes les
imperfections.
Par contre, je déteste le flash intégré des
appareils compacts et, comme la plupart d’entre vous,
je préfère toujours si possible me servir
de l’éclairage ambiant plutôt que d’un
flash, même avec un reflex. Je ne suis en effet pas
assez calé pour être absolument certain du
résultat lorsque j’utilise un flash et les
l’aperçu donné par le moniteur n’est
pas assez précis pour se faire une opinion sûre.
Au cours de mes dix dernières années en
tant que journaliste — période qui à vu
l’arrivée de la photographie numérique — j’ai
observé un bon nombre de photographes professionnels
expérimentés perdre une bonne partie de leur
temps à ajuster leur éclairage pour prendre
une bonne photo. Et même eux ne sont pas certains
du résultat final lorsque l’éclairage
ambiant est très faible.
Du coup, le communiqué de presse d’Eastman
Kodak annonçant que la vénérable firme
avait développé une nouvelle technologie
de capteur qui devrait aider à éradiquer
les photos sombres et floues en offrant un accroissement
de la sensibilité à la lumière de
2 ou 4X m’a immédiatement interpelé.
Ce serait tout simplement fantastique. Et ce serait sans
doute une excellente occasion pour Kodak de rester dans
la danse beaucoup plus longtemps qu’un certain nombre
de gens le pense.
Bon, il faut reconnaître que la tournure employée
par Kodak pour annoncer cette technologie n’est pas
aussi tranchée que ça, rappelant un peu celles
des pubs de céréales supposées diminuer
notre cholestérol rien qu’en regardant la
boîte le matin.
Autrement dit, cela pourrait marcher
parfaitement pour vous, ou peut-être pas du tout.
Dans
tous les cas de figure, Kodak entame bel et bien une nouvelle ère
de développement des capteurs,
en s’attaquant à sa propre matrice de Bayer,
c’est-à-dire l’agencement des pixels
rouges, verts et bleus sur un capteur, qui est devenu le
standard de l’industrie depuis sa création
en 1976 par un scientifique, Bruce Bayer, travaillant pour
la marque.
La matrice de Bayer spécifie l’usage de la
moitié du total de pixels d’un capteur verts,
l’autre moitié étant divisée
de façon égale en pixels rouges et bleus.
Les logiciels de capture intégrés dans les
appareils reconstituent l’information colorée à partir
des proportions glanées par le capteur.
La nouvelle
technologie de Kodak introduit un quatrième
type de photosites dit panchromatiques (clairs) sensibles à toutes
les longueurs d’ondes de lumière dans le but
d’enregistrer une proportion largement supérieure
de lumière arrivant sur le capteur. Les nouveaux
algorithmes du logiciel de Kodak permettront du coup d’atteindre
des temps de pose plus élevés et d’augmenter
les performances avec les un faible éclairage. Cela
permettrait du même coup de réduire le risque
de flou de bougé. Il serait par ailleurs possible
de créer des pixels de plus petites dimensions afin
d’obtenir des résolutions encore supérieures
suivant les différents formats de capteur, tout
en conservant des performances élevées.
Somme toute, c’est une excellente nouvelle si tout
fonctionne correctement lors du lancement du nouveau capteur
CMOS qui devrait se produire au début de 2008. Cette
technologie peut aussi être appliquée au capteur
CCD, mais Kodak semble vouloir s’orienter vers le
développement de capteur CMOS pour le moment.
Cette annonce a conduit certains observateurs à spéculer
sur le marché d’application des premiers capteurs
de ce type. On devrait les voir apparaître dans les
téléphones cellulaires et les appareils compacts
bas de gamme dans un premier temps, domaine de prédilection
des petits capteurs CMOS actuellement, vu leur caractère économique.
Mais ce ne sera qu’un début, car Kodak affirme
son intention de généraliser son offre à sa
gamme complète de capteurs, y compris ceux destinés à un
usage industriel et scientifique.
Comme toujours, avec la technologie de pointe, il y a
un inconvénient, tout au moins potentiel. En ajoutant
des pixels panchromatiques, il faut supprimer des pixels
colorés. Il devient possible de capturer des images
dans un environnement sombre, mais en perdant une partie
de l’information colorée disponible.
La plus
grande quantité d’informations — de
loin — est donnée sur le blog de Kodak (http://www.1000nerds.kodak.com)
dans lequel les deux chercheurs à l’origine
de cette technologie, John Compton et John Hamilton, discutent
l’aspect scientifique de leur idée et des
possibilités qu’elle offre.
Il est aussi possible
de voir des images illustrant le procédé,
y compris des photos faites au flash.
Pendant
des années je me suis débrouillé avec
un moniteur LCD de 17 pouces (oui, je sais que les écrans
CRT sont plus performants pour le rendu des couleurs, mais
n’entrons pas dans ce débat). Récemment,
j’ai succombé à la tentation et me
suis offert un iMac de 24 pouces. Je dispose maintenant
d’un espace colossal pour le traitement de mes images.
La
première chose que j’ai fait c’est
de baisser la luminosité d’un tiers de sa
puissance d’origine. On n’a pas vraiment besoin
d’avoir une telle intensité lumineuse, mais
je pense qu’il est réconfortant de se dire
que l’on dispose d’une puissance suffisante
pour faire griller un poulet ou deux.
Je suis ensuite entré dans
le panneau de configuration et ai un peu joué avec
les réglages pour
créer mon profile. Mais au bout du compte, je n’étais
toujours pas pleinement satisfait.
Après avoir lu
différentes choses à propos
des sondes de calibration d’affichage de ColorVision
(www.colorvision.com/product-mc.php), je me suis dit que ça
valait le coup d’en essayer une. Leur performance
semblait acceptée de tous, délivrant sans
trop d’effort une calibration de bon niveau.
J’ai
un peu laissé trainer les choses après
avoir déchargé le logiciel de leur site,
mais je ne me suis pas résolu à acheter le
matériel directement, car je préfère
voir ce que j’achète.
Il y a deux semaines,
après avoir consulté les
offres promotionnelles que je reçois automatiquement,
j’en ai trouvé une portant sur les systèmes
ColorVision Spyder2Express et Spyder2Suite, disponibles à faible
distance de mon domicile.
Le système Spyder2Pro n’est
pas disponible de la sorte, mais il est destiné aux
professionnels, ce qui n’est pas mon cas. Je me suis
donc procuré Spyder2Suite
conçu pour les photographes amateurs sérieux,
d’après le site de ColorVision. Je possède
quelques appareils et je prends pas mal de photos, parfois
même très sérieusement…
Après
avoir encore laissé trainer les choses
deux jours, je me suis enfin décidé à installer
le logiciel (qui, toujours d’après le site
de ColorVision, était le dernier en date). Je l’ai
ensuite lancé, ai répondu à un cours
questionnaire, ai suivi les instructions pour brancher
correctement la sonde et la positionner devant mon moniteur,
suivant une aire clairement affichée. Rien de bien
compliqué jusque là.
Je me suis ensuite contenté d’observer
le petit manège de calibration s’opérant
pendant une quinzaine de minutes sur mon moniteur. Au bout
du compte, le logiciel a créé un profile
personnalisé appelé 1-iMac et ce fut tout.
Je peux toujours repasser à un des autres profiles
d’origine de mon Mac sans aucun problème en
passant par la console de configuration.
Le logiciel suggère
que je recalibre mon moniteur environ tous les deux mois,
et j’ai bien l’intention
de le faire.
L’offre Spyder2Suite contient aussi un
logiciel de calibration d’imprimante appelé PrintFIX
PLUS, mais celui-ci est périmé. Une nouvelle
version est disponible sur le site de ColorVision.
Il vaut
toujours mieux vérifier le site du fabricant
lorsque vous achetez du matériel informatique afin
de vous assurer que vous disposez bel et bien de la dernière
version du logiciel. Il n’est pas rare que certains
problèmes ou conflits soient résolus après
la commercialisation du matériel (bien entendu,
il arrive que certaines nouvelles versions créent
un problème inexistant sur les versions antérieures
et c’est pour cela que je fais une recherche sur
google avec le nom du pilote pour découvrir les
réactions des usagers… mais il faut reconnaître
que je suis particulièrement prudent).
Au final,
suis-je satisfait de l’affichage des couleurs
sur moniteur ? Certainement. Je dirais même que l’amélioration
est majeure. Toutefois, je n’ai pas fait de test
spécifique (eh non, je n’ai pas eu de version
gratuite). C’est de toutes les façons un système
fort intéressant à explorer. Tout autant
que les produits de la compétition, comme ceux de
Pantone et de X-Rite.

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