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Tribune

Un nouveau capteur Kodak promet plus de lumière sur le sujet
par Peter Wilson
Je suis généralement assez doué pour me servir d’un flash avec mon reflex. Je sais utiliser les murs pour le faire réfléchir, surtout dans ma salle à manger au plafond en bois sombre pendant les repas familiaux. Je me débrouille maintenant suffisamment pour éviter à mes images d’avoir l’apparence de photographies de scènes de crime des années 50, éviter les yeux rouges et bluffer mes amis et membres de la famille, même si lorsque je traite mes images j’en vois toutes les imperfections.

Par contre, je déteste le flash intégré des appareils compacts et, comme la plupart d’entre vous, je préfère toujours si possible me servir de l’éclairage ambiant plutôt que d’un flash, même avec un reflex. Je ne suis en effet pas assez calé pour être absolument certain du résultat lorsque j’utilise un flash et les l’aperçu donné par le moniteur n’est pas assez précis pour se faire une opinion sûre.

Au cours de mes dix dernières années en tant que journaliste — période qui à vu l’arrivée de la photographie numérique — j’ai observé un bon nombre de photographes professionnels expérimentés perdre une bonne partie de leur temps à ajuster leur éclairage pour prendre une bonne photo. Et même eux ne sont pas certains du résultat final lorsque l’éclairage ambiant est très faible.

Du coup, le communiqué de presse d’Eastman Kodak annonçant que la vénérable firme avait développé une nouvelle technologie de capteur qui devrait aider à éradiquer les photos sombres et floues en offrant un accroissement de la sensibilité à la lumière de 2 ou 4X m’a immédiatement interpelé.

Ce serait tout simplement fantastique. Et ce serait sans doute une excellente occasion pour Kodak de rester dans la danse beaucoup plus longtemps qu’un certain nombre de gens le pense.

Bon, il faut reconnaître que la tournure employée par Kodak pour annoncer cette technologie n’est pas aussi tranchée que ça, rappelant un peu celles des pubs de céréales supposées diminuer notre cholestérol rien qu’en regardant la boîte le matin.

Autrement dit, cela pourrait marcher parfaitement pour vous, ou peut-être pas du tout.

Dans tous les cas de figure, Kodak entame bel et bien une nouvelle ère de développement des capteurs, en s’attaquant à sa propre matrice de Bayer, c’est-à-dire l’agencement des pixels rouges, verts et bleus sur un capteur, qui est devenu le standard de l’industrie depuis sa création en 1976 par un scientifique, Bruce Bayer, travaillant pour la marque.

La matrice de Bayer spécifie l’usage de la moitié du total de pixels d’un capteur verts, l’autre moitié étant divisée de façon égale en pixels rouges et bleus. Les logiciels de capture intégrés dans les appareils reconstituent l’information colorée à partir des proportions glanées par le capteur.

La nouvelle technologie de Kodak introduit un quatrième type de photosites dit panchromatiques (clairs) sensibles à toutes les longueurs d’ondes de lumière dans le but d’enregistrer une proportion largement supérieure de lumière arrivant sur le capteur. Les nouveaux algorithmes du logiciel de Kodak permettront du coup d’atteindre des temps de pose plus élevés et d’augmenter les performances avec les un faible éclairage. Cela permettrait du même coup de réduire le risque de flou de bougé. Il serait par ailleurs possible de créer des pixels de plus petites dimensions afin d’obtenir des résolutions encore supérieures suivant les différents formats de capteur, tout en conservant des performances élevées.

Somme toute, c’est une excellente nouvelle si tout fonctionne correctement lors du lancement du nouveau capteur CMOS qui devrait se produire au début de 2008. Cette technologie peut aussi être appliquée au capteur CCD, mais Kodak semble vouloir s’orienter vers le développement de capteur CMOS pour le moment.

Cette annonce a conduit certains observateurs à spéculer sur le marché d’application des premiers capteurs de ce type. On devrait les voir apparaître dans les téléphones cellulaires et les appareils compacts bas de gamme dans un premier temps, domaine de prédilection des petits capteurs CMOS actuellement, vu leur caractère économique. Mais ce ne sera qu’un début, car Kodak affirme son intention de généraliser son offre à sa gamme complète de capteurs, y compris ceux destinés à un usage industriel et scientifique.

Comme toujours, avec la technologie de pointe, il y a un inconvénient, tout au moins potentiel. En ajoutant des pixels panchromatiques, il faut supprimer des pixels colorés. Il devient possible de capturer des images dans un environnement sombre, mais en perdant une partie de l’information colorée disponible.

La plus grande quantité d’informations — de loin — est donnée sur le blog de Kodak (http://www.1000nerds.kodak.com) dans lequel les deux chercheurs à l’origine de cette technologie, John Compton et John Hamilton, discutent l’aspect scientifique de leur idée et des possibilités qu’elle offre.

Il est aussi possible de voir des images illustrant le procédé, y compris des photos faites au flash.

Pendant des années je me suis débrouillé avec un moniteur LCD de 17 pouces (oui, je sais que les écrans CRT sont plus performants pour le rendu des couleurs, mais n’entrons pas dans ce débat). Récemment, j’ai succombé à la tentation et me suis offert un iMac de 24 pouces. Je dispose maintenant d’un espace colossal pour le traitement de mes images.

La première chose que j’ai fait c’est de baisser la luminosité d’un tiers de sa puissance d’origine. On n’a pas vraiment besoin d’avoir une telle intensité lumineuse, mais je pense qu’il est réconfortant de se dire que l’on dispose d’une puissance suffisante pour faire griller un poulet ou deux.

Je suis ensuite entré dans le panneau de configuration et ai un peu joué avec les réglages pour créer mon profile. Mais au bout du compte, je n’étais toujours pas pleinement satisfait.

Après avoir lu différentes choses à propos des sondes de calibration d’affichage de ColorVision (www.colorvision.com/product-mc.php), je me suis dit que ça valait le coup d’en essayer une. Leur performance semblait acceptée de tous, délivrant sans trop d’effort une calibration de bon niveau.

J’ai un peu laissé trainer les choses après avoir déchargé le logiciel de leur site, mais je ne me suis pas résolu à acheter le matériel directement, car je préfère voir ce que j’achète.

Il y a deux semaines, après avoir consulté les offres promotionnelles que je reçois automatiquement, j’en ai trouvé une portant sur les systèmes ColorVision Spyder2Express et Spyder2Suite, disponibles à faible distance de mon domicile.

Le système Spyder2Pro n’est pas disponible de la sorte, mais il est destiné aux professionnels, ce qui n’est pas mon cas. Je me suis donc procuré Spyder2Suite conçu pour les photographes amateurs sérieux, d’après le site de ColorVision. Je possède quelques appareils et je prends pas mal de photos, parfois même très sérieusement…

Après avoir encore laissé trainer les choses deux jours, je me suis enfin décidé à installer le logiciel (qui, toujours d’après le site de ColorVision, était le dernier en date). Je l’ai ensuite lancé, ai répondu à un cours questionnaire, ai suivi les instructions pour brancher correctement la sonde et la positionner devant mon moniteur, suivant une aire clairement affichée. Rien de bien compliqué jusque là.

Je me suis ensuite contenté d’observer le petit manège de calibration s’opérant pendant une quinzaine de minutes sur mon moniteur. Au bout du compte, le logiciel a créé un profile personnalisé appelé 1-iMac et ce fut tout. Je peux toujours repasser à un des autres profiles d’origine de mon Mac sans aucun problème en passant par la console de configuration.

Le logiciel suggère que je recalibre mon moniteur environ tous les deux mois, et j’ai bien l’intention de le faire.

L’offre Spyder2Suite contient aussi un logiciel de calibration d’imprimante appelé PrintFIX PLUS, mais celui-ci est périmé. Une nouvelle version est disponible sur le site de ColorVision.

Il vaut toujours mieux vérifier le site du fabricant lorsque vous achetez du matériel informatique afin de vous assurer que vous disposez bel et bien de la dernière version du logiciel. Il n’est pas rare que certains problèmes ou conflits soient résolus après la commercialisation du matériel (bien entendu, il arrive que certaines nouvelles versions créent un problème inexistant sur les versions antérieures et c’est pour cela que je fais une recherche sur google avec le nom du pilote pour découvrir les réactions des usagers… mais il faut reconnaître que je suis particulièrement prudent).

Au final, suis-je satisfait de l’affichage des couleurs sur moniteur ? Certainement. Je dirais même que l’amélioration est majeure. Toutefois, je n’ai pas fait de test spécifique (eh non, je n’ai pas eu de version gratuite). C’est de toutes les façons un système fort intéressant à explorer. Tout autant que les produits de la compétition, comme ceux de Pantone et de X-Rite.

Liens vers les tribunes précédentes de Peter:

 

 

Peter Wilson a été journaliste pendant plus de 35 ans pour des quotidiens comme le Vancouver Sun et d’autres publications nationales importantes du Canada. Pendant ces dix dernières années, il a écrit à propos des technologies émergeantes pour le Sun. Au cours de cette période, il a souvent publié des textes portant sur les développements de la photographie numérique et le boom qui s’est produit lors de son adoption par le grand public, tout en produisant des tests des derniers appareils. Mais il a aussi écrit sur la musique, les émissions télévisuelles et les productions cinématographiques. Son premier appareil photo était un Brownie Haweye et son premier reflex un Pentax Spotmatic. Il possède maintenant plus d’appareils numériques et de logiciels qu’il en aurait besoin.

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