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Tribune

L'encre, c'est chère, mais pas forcément les espaces de stockage en ligne
par Peter Wilson

Il n’y a pas très longtemps, le rédacteur en chef de PopPhoto.com, Michael McNamara, a estimé le coût d’un gallon d’une certaine marque d’encre d’imprimante magenta à $10,778 US.

Ce n’est donc pas étonnant qu’un rapport commandité récemment par Kodak — qui commercialise activement une gamme d’imprimantes et d’encres économiques — montre que l’utilisateur lambda d’un ordinateur et le photographe numérique alpha sont terrorisés à l’idée de devoir faire une impression couleur. En fait, la plupart d’entre nous aurons tendance à éviter les impressions sauf en cas de nécessité absolue.

Cinquante neuf pour cent des personnes sondées ont reconnues imprimer en Noir et Blanc pour économiser l’encre de couleur et 57% n’imprime quasiment jamais, se contenant d’observer leurs images sur un moniteur. Je connais un grand nombre de gens qui font ça.

Et il n’est pas étonnant que 30% des personnes sondées ne font aucune impression.

C’est un fait que beaucoup de disques durs sont actuellement remplis de photos passées par des logiciels chers — pour leur ajuster réglage du blanc, netteté ou balance des couleurs — puis essentiellement abandonnées. Elles ne deviennent qu’une grande quantité d’informations numériques inutiles.

Peut-être que nous nous imaginons laisser ainsi une trace pour les générations futures, mais nous ne regardons même pas ce que nous avons photographié il y a quelques mois, voire en mai 2006.

Je dois reconnaître que je fais parti de ces gens là. Je me sers de mon reflex pour capturer des masses de photos d’anniversaire en format RAW, choisis les meilleures, passé un jour ou deux à les corriger, en jouant avec toute sorte de réglages complexes pour donner de superbes JPEGs et… plus rien ne se produit ensuite.

Parfois, je les charge sur Pando — un programme gratuit inter-plateforme permettant d’envoyer jusqu’à un gigaoctet d’informations sur le net afin de les partager avec la famille — et les laisse ainsi. Ils n’ont qu’à imprimer la photo de môme couvert de gâteau s’ils le veulent.

La plupart d’entre eux ne le fait pas. Ils se contentent le plus souvent d’en réduire la taille le plus possible et les postent sur un autre site pour les partager avec des amis. En vrai, bien souvent je n’ai même pas modifié les images.

Comme me dit ma fille, “Personne ne prête vraiment attention à la qualité des images. Elle est tout à fait suffisante comme ça. Ne passe pas tant de temps dessus, ça ira parfaitement comme ça.”

Un autre sondage, celui-ci produit par InfoTrends et publié le mois dernier, montre que partager ses images (en d’autres termes, les publier sur le net et les regarder sur un moniteur) est la raison principale pour laquelle on prend des photos aujourd'hui.

Par exemple, trois milliards d’images ont été envoyées par e-mail aux Etats-Unis en 2006. Et toujours d’après InfoTrend, si on tient compte des photos partagées sur des sites Web, des réseaux internes et des autres moyens de communications multimédia, huit milliards d’images ont été partagées l’année précédente. Bien entendu, ces chiffres grandissent régulièrement, à un taux d’environ 8% par an. Nous sommes noyés sous les images, comme si le monde était une sorte de boîte à chaussures numérique.

Le sondage d’InfoTrend indique que les utilisateurs de moins de 25 ans sont ceux se servant principalement du Net tandis que ceux de plus de 45 ans sont plus concernés par la conservation de leurs mémoires. Ceux de 26 à 44 auraient tendance à faire les deux.

La prochaine évolution, d’après InfoTrend, sera de revoir ses images sur une grande télévision HD. Encore une fois, cela signifie pas d’impression.

Pendant ce temps, faisant partie des vieux, j’économise mon encre pour quelque chose d’important. Je ne suis pas sûr de ce que ce sera exactement, mais je saurais de quelles photos il s’agit lorsque je les verrais.

Peut-être devrais-je faire ce que le sondage de Kodak révèle : imprimer au boulot ou chez des amis. Vingt pour cent de ceux qui avouent imprimer au boulot reconnaissent le faire pour un bon paquet d’images. Comment ils s’en tirent au juste ? Aucune idée. Ils doivent faire des impressions sur du papier normal car ça me semble un peu risqué de charger une imprimante de bureau avec du papier photo.

Kodak cite au cours de son sondage Dr. Will Millar — qui est un “psychologue de culture populaire” (quoi que cela signifie) — qui afirme que les gens possédant une imprimante à la maison se classent en trois catégories d’usagers :

  • les écureuils, qui font toujours attention à leurs encres
  • les poulpes, qui impriment tout et n’importe quoi, quand ils le désirent
  • et les serpents qui n’impriment jamais chez eux.

Si vous voulez savoir dans quelle catégorie vous tombez, allez sur www.inkisit.com et suivez le test.

Pour ma part, je pense que je vais aller chercher quelques photos, les triturer et les réenregistrer sur mon disque dur. C’est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu’un le fasse.

 

Une des mes principales angoisses occasionnelles est le plantage catastrophique et définitif d’un de mes disques durs et la perte des photos qui s’y trouvent.

J’observe, bien entendu, les précautions de base. Tous les soirs, un programme effectuant un backup recherche tout les images qui se trouvent sur mes disques durs et les copie sur un disque dur externe. Je fais aussi un backup complet de mon disque dur principal sur un autre disque externe. D’accord, je sais que je suis un gars qui porte une ceinture et des bretelles...

Mais ça ne m’empêche pas d’avoir des angoisses. Je m’inquiète — parce que cela m’est arrivé — que quelque s’introduise dans ma maison et me vole mon ordinateur et mes quatre disques durs externes et que tout disparaissent, sans appel. Ou qu’il y ait un incendie, etc.

Ceci m’a amené à considérer toutes sortes de services en ligne de sauvegarde. Il y en a une foule d’excellent, mais j’ai choisi celui d’Amazon, qui est très raisonnablement tarifé.

(Je sais bien que tous ceux qui stocke leurs images en ligne on leur site favoris, y compris ceux qui offrent les premiers 20 giga-octets, et cela suscitera sans doute des discussions.)

Pour avoir accès à celui d’Amazon je me sers d’un programme compatible avec toutes les plateformes (Windows, Mac, Linux) appelé Jungle Disk (www.jungledisk.com), qui, jusqu’à présent, est gratuit. J’imagine qu’il ne le restera pas longtemps, mais je paierais sans doute un peu pour pouvoir continuer à m’en servir, surtout s’ils y ajoutent d’autres fonctionnalités.

Jusqu’à présent, j’ai environ 20 giga-octets d’images stockées et cela me coûte $2.40 US par mois. Ce n’est pas gratuit, mais c’est pas mal quand même. Et cela me donne une bonne tranquillité d’esprit, que j’irais même jusqu’à payer $5 par mois aller (mais ne le dites pas à Amazon s’il vous plait).

Jungle Disk n’est pas le programme le plus simple du monde à installer (il est nécessaire de disposer d’un compte Amazon au préalable), mais il faut reconnaître qu’un reflex numérique n’est pas non plus immédiatement familier.

 

 

J’ai rapidement mentionné Pando ci-dessus, mais je pense qu’il serait bien que j’explique pourquoi j’aime ce programme (www.pando.com) et pourquoi il serait peut-être intéressant que vous y jetez un oeil.

Une chose que j’ai toujours trouvé compliquée est la façon dont les fournisseurs d’accès Internet offre l’envoie de photos par e-mail. A la maison, j’ai une limite de 5 méga-octets par pièce jointe.

Cela était compréhensible et acceptable à une certaine époque, mais aujourd’hui les restrictions de bande passante ne sont plus ce qu’elles étaient et pourtant il est toujours difficile d’envoyer plus de deux JPEGs de bonne qualité par e-mail. Et même si je pouvais aller au-delà de 5 Mo, il n’est pas garantie que mon correspondant pourrait recevoir mon message.

Il y a bien sûr les sites sur lesquels on peut charger des photos puis envoyer le lien aux amis afin qu’ils puissent les décharger. Un des plus connus est YouSendIt (www.yousendit.com), mais il faut payer pour tout transfert supérieur à 100 Mo, tandis que Pando est un service entièrement libre.

Avec Pando, un programme P2P, je peux charger en ligne des photos par paquet d’un giga-octet quand je le désire, quelle qu’en soit la quantité. Si vous êtes un professionnel nécessitant l’envoi de fichiers encore plus importants ou plus rapides, il est possible d’acheter une version plus musclée. Par exemple, une version permettant de charger un fichier (ou groupe de fichiers) faisant 3 Go en une fois coûte $40 US par an. La version Pro (5 Go) coûte $165/an et la version commerciale (50 Go) revient à $420 pour 12 mois.

Pour recevoir les photos, la personne qui se trouve à l’autre bout doit aussi être équipée de Pando en version Windows ou Mac. Je me sers habituellement d’un Mac et j’envois mes images à des personnes se servant de Windows sans aucun problème. Avec la version gratuite, il est possible d’envoyer les images à 25 récipients d’un coup (admettons que vous ayez une très grande famille). Les photos restent sur le serveur de Pando pendant une semaine, plus si vous utilisez une version payante.

Il est aussi possible de partager des fichiers avec un programme de messagerie. Il faut alors se servir de Pando pour choisir les fichiers ou dossiers que vous voulez partager et indiquer si vous voulez les envoyer par e-mail, messagerie ou sur le web. Les fichiers sont ensuite chargés sur le serveur de Pando et stockés.

Si vous choisissez e-mail, la personne recevant votre message reçoit un petit fichier de 10 Ko qu’il suffit de cliquer pour que le déchargement commence depuis Pando. Aussi simple que ça. C’est un peu pareil avec une messagerie ou le web.

Pando est un vrai phénomène et les chiffres indiqués par la compagnie parlent de 5 millions d’installations du logiciel dans le monde.

Liens vers les tribunes précédentes de Peter:

 

Peter Wilson a été journaliste pendant plus de 35 ans pour des quotidiens comme le Vancouver Sun et d’autres publications nationales importantes du Canada. Pendant ces dix dernières années, il a écrit à propos des technologies émergeantes pour le Sun. Au cours de cette période, il a souvent publié des textes portant sur les développements de la photographie numérique et le boom qui s’est produit lors de son adoption par le grand public, tout en produisant des tests des derniers appareils. Mais il a aussi écrit sur la musique, les émissions télévisuelles et les productions cinématographiques. Son premier appareil photo était un Brownie Haweye et son premier reflex un Pentax Spotmatic. Il possède maintenant plus d’appareils numériques et de logiciels qu’il en aurait besoin.

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