Parfois,
je suis un peu long à la détente. Pendant
plusieurs jours, en testant un nouvel appareil compact
numérique, je me suis demandé ce qu’étaient
les mires qui apparaissaient dans le viseur lorsque je
pressais le déclencheur à mi-course. Puis — après avoir pris une série
de photos de ma petite fille et que des carrés
ont apparu autour de sa tête — j’ai
finalement compris. C’était le système
de détection de visage. Comme toujours, j’aurais
dû prêter plus d’attention au manuel.
Grâce à cette merveille de la
technologie, des carrés apparaissent sur le
moniteur là où l’autofocus
estime qu’il y a un visage. L’idée
est que tous les yeux, nez et bouches soient nets dans
l’image, mais apparemment pas les oreilles. Je
dois admettre que c’est très malin
et surtout facilite la tâche lorsqu’on photographie
des sujets mobiles. L’autofocus garde le sujet
net tandis qu’on effectue un recadrage. Il n’est
même pas nécessaire d’être plus
précautionneux lorsqu’il y a plus d’un
visage dans l’image… Pourtant, au lieu d’être
reconnaissant d’une telle technologie, je suis
plutôt ennuyé par
la manifestation visuelle de la détection de visage.
A un moment, je me suis même demandé comment
désactiver le système, irritable que je
suis. Où est donc ce fichu manuel ? Peut-être
que si je cherche bien dans le menu de l’appareil
je trouverais comment l’éteindre. Ah, le
voici.
Je me suis alors rappelé de ma recherche faite
sur web il y a quelques mois de ça pour découvrir
et lire en détails des explications à propos
des nouvelles technologies arrivant dans les appareils
numériques. Il me semble pourtant qu'il n’y
avait rien sur la reconnaissance de visage. En fait,
le dispositif qui était exposé en
détail était celui de l’assemblage
des images panoramiques dans l’appareil. Une fois
jointes, ces images forment un panorama sans avoir recours à un
ordinateur (ce qui est tout à fait réalisable
dans Photoshop, de façon beaucoup plus précise
et évite d'encombrer une interface
déjà assez complexe — mais je digresse…)
Avec autant de détails que l’assemblage
panoramique, le site du constructeur en question exposait
la réduction automatique d’yeux rouges et
une autre fonction qui permet d’amincir les personnes.
Ah, il y avait aussi toutes sortes de bordures décoratives
pouvant être ajoutées aux images, toujours
dans l’appareil. Je suis sûr que si cela était économiquement
viable (ça l’est certainement techniquement),
le constructeur aurait aussi permis de joindre aux images
panoramiques des mp3s.
Au final, je m’étais encore fait exposer
une série de fonctions que je n’utiliserais
probablement jamais. Mais avec la reconnaissance de visage,
les services de marketing ont fait un travail d’étude
de marché très poussé, montrant
que ce type de dispositif était le plus souhaité sur
un appareil numérique. Je me demande bien quel
a été le panel d’utilisateurs sondés,
mais c’était certainement une fonction amusante à ajouter,
bien que beaucoup de gens n’en ont sans doute que
faire.
Bien entendu, je comprends bien les motivations des
constructeurs qui recherchent et implémentent
ce genre d’options dans l’interface de leurs
appareils, surtout vu le manque total de loyauté dont
les consommateurs font preuve dans le domaine de la photographie
numérique.
Une étude de J.D. Power faite l’an dernier
(une nouvelle devrait être disponible dans quelques
mois) montre qu’entre 2005 et 2006, les consommateurs
d’appareils numériques d’Amérique
du Nord ont été fort peu influencés
par la marque du matériel. En 2006, à peine
26% des consommateurs pensent acheter un nouvel appareil
de la même marque que celui qu’ils possèdent — contre
35% en 2005. Pour être honnête, plus l’appareil
est cher, plus le consommateur est loyal, mais cela vient
du fait qu’on se retrouve tributaire d’une
gamme d’objectifs avec les reflex. En publiant
ces résultats, un des directeurs
exécutifs de J.D. Power de la section de recherches
en télécommunications et technologies,
Steve Kirkeby, a dit: “ Dans un marché en pleine expansion, écouter
attentivement et répondre aux consommateurs est
crucial de la part des constructeurs qui veulent fidéliser
leur clientèle.”
L’ennui avec une telle prescription est qu’il
n’y a pas un type défini d’acheteur
d’appareil numérique. Au cours des années,
je me suis acheté beaucoup d’appareils différents
et j’en possède actuellement trois: un reflex,
un compact haut de gamme (trop encombrant pour être
transporté aisément) et un que je peux
porter dans une pochette s’attachant à la
ceinture afin, je me l’imagine, d’éviter
de me le faire voler. Donc, si les constructeurs prêtent
attention à tous les consommateurs et à tous
les niveaux, celle qui semble attirer le plus l’attention
sont les amateurs de compacts-super-pour-les-anniversaires
et pour capturer les membres de la famille se tenant
devant un monument (okay, il y a bien une photo de moi
quelque part me tenant devant l’Arc de Triomphe,
mais c’était au tout début de la
photographie numérique et d’abord je ne
le ferais plus).
Il est vrai que dans le marché d’entrée
de gamme pour monsieur tout le monde il y a un souci
de qualité d’image. Personne ne désire
avoir des images un peu floues, ou avec un ciel couleur
vert-pourpre, ou avec des enfants démoniaques
aux yeux sanguinaires.
Mais soyons honnête: les personnes photographiant à la
plus petite taille d’image et avec la plus forte
compression pour caser le plus d’images possible
pour le moins cher possible ne sont pas forcément
concerné pas leur qualité. Et si vous pensez
que j’exagère, une étude
récente faite au cours de la PMA montre que les
cartes mémoire (54% des utilisateurs d’appareils
numériques) sont la seconde source de stockage
des images après le disque dur (72% des consommateurs)
! Ces deux méthodes de stockage sont suivies par
les Cdroms et DVDs (53%) et les impressions (52%). Le
fait qu’une bonne portion de la population utilise
une carte mémoire pour conserver ses images sur
le long terme est franchement inquiétant — autant
que les personnes jetant leurs fichiers images une fois
l’impression faite…
Ces utilisateurs d’appareils numériques
(il faut sans doute pas les taxer de photographes) passent
pas mal de temps à envoyer leurs images par email
ou sur des sites web afin que les membres de la famille
et les amis puissent admirer le petit dernier jouant
dans sa piscine. Ces images ont encore été réduites
afin de se conformer aux limitations de tels médiums
et ne sont que des ersatz de ce qu’elles étaient à l’origine.
Regrettablement, ces options inutiles (enfin, je veux
dire qui me sont complètement inutiles) semblent
se propager aux appareils plus sérieux. Au final,
on se retrouve avec des appareils saturés en fonctions
diverses et variées — comme les téléphone
cellulaires par exemple — dont environs 10% sont
effectivement employées. Vous me direz: n’utilise pas la fonction de réduction
d’yeux rouges ! Ou l’assemblage des panoramiques
automatique ! Ou le traitement d’image faisant
mincir les sujets ! Contente-toi de les désactiver
au lieu de te plaindre. Tu es capable d’ignorer
ces fonctions sur ton téléphone, alors
fais de même sur ton appareil.
Toutefois, on assiste simultanément — et
dans mon esprit paranoïaque je me demande si ces
deux phénomènes sont liés — à une
tendance qui fait disparaître ou détruit
d’excellentes options, ou ignore des problèmes
persistants. Mais cela est un autre débat.

Lorsque Microsoft a racheté le logiciel cross-plateformes
de traitement et de catalogage d’images iView Media
Pro et annoncé qu’il serait transformé en
un logiciel appelé Microsoft Expression Media,
il y a eu quelques appréhensions chez les utilisateurs
de Mac — pas donné à $299 US — qui
en perdraient le support.
Je ne me suis pourtant pas inquiété.
Après tout, j’avais fait quelques interviews
avec les gars de Microsoft qui s’intéressent
beaucoup au côté Mac de l’informatique
et je connaissais l’importance pour eux d’avoir
Microsoft Word pour Mac et Office, etc.
J’ai donc déchargé la version d’essai
pour Mac d’Expression Media et ai trouvé que
ce logiciel fonctionne aussi bien que iView. J’ai
donc patiemment attendu que mon numéro de série
me parvienne pour finir la transition. Ce jour est enfin
arrive début juin. Mais hélas, en visitant
l’adresse du site indiqué dans l’email
pour obtenir mon numéro de série, plus
rien n’a fonctionné. Après plusieurs
essais infructueux, j’ai envoyé un message
aux gens d’iView. Aucune réponse. J’ai
ensuite essayé Microsoft help. On m’a d’abord
informé que vu que je vivais au Canada je devais
appeler un autre numéro. Une fois ce numéro
composé, j’ai été orienté vers
un autre, correct cette fois-ci. J’ai enfin obtenu
une dame très plaisante qui m’a transmis à un
charmant jeune home qui n’avait aucune idée
de ce qu’était Expression Media.
Je suis donc retourné dans les forums de Microsoft
en quête d’une aide quelconque, pour y joindre
un large group d’utilisateurs cross-plateformes
se plaignant que le numéro de série fonctionnait
sur PC, mais pas sur Mac.
Enfin, un message de Microsoft nous parvint. Désolé,
les numéros de série pour Mac sont défectueux,
nous allons en transmettre de nouveaux. Deux jours plus
tard, le problème était réglé.
Hey, Microsoft, les utilisateurs de Mac sont déjà assez
suspicieux et nerveux comme ça. Ca vous aurait
embêté de faire bien du premier coup ?

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Peter:
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