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Tribune

Les outils de retouche d’image en ligne ont encore besoin d’arriver à maturité
par Peter Wilson

Il arrivera un moment, en tout cas c’est ce qui se dit, où il n’y aura plus d’applications résidant sur un ordinateur. Nous ferons tous par le biais de services en ligne. Moi, je reste un peu septique.

Il semble que les informaticiens chevronnés (je dis ça le plus gentiment possible) voudront toujours quelque chose de plus avancé que les gros amateurs que nous sommes.

Je me souviens d’avoir eu un exposé détaillant cette évolution inévitable il y a huit ou dix ans par une petite compagnie informatique qui s’est finalement vendue à Microsoft. J’attends toujours. Si cela était si inévitable que ça, se serait répandu maintenant.

Mais attention, j’ai eu tord par rapport à ce type d’évolutions suffisamment de fois, et il y a déjà des types fortunés qui traitent tous leurs dossiers en format Word directement en ligne. L’idée est, à mon avis, de capter toutes les personnes intéressées par les technologies émergeantes (les ados et ceux qui sont toujours à l’école plus généralement). Une fois ceux-là embringués, il ne faudra pas longtemps avant que le PC traditionnel s’efface au profit de terminaux donnant directement sur le net.

Ceci dit, ce sera certainement aussi vrai pour le traitement des images numériques, domaine jusqu’à présent réservé aux logiciels comme Adobe Photoshop et des programmes de traitement de fichiers RAW comme Bibble, Adobe Photoshop Lightroom et Aperture.

Jusqu’à présent les outils disponibles en ligne pour ce genre d’activité sont un peu rudimentaires. Lorsqu’on en vient à développer des images (et je ne parle pas de traitement poussés), le site le plus intéressant est probablement Picnik, qui propose une bonne gamme d’outils, y compris certains à la Photoshop, comme le masque d’accentuation de la netteté. J’en ai fait un rapide essai, en chargeant un JPEG que j’ai pris lorsque je testais le Nikon D40. Le chargement a été simple et rapide.

La première chose dont je me suis rendu compte avec Picnik était, en tous cas avec cette image, d’éviter les corrections automatiques. Les résultats donnés par les outils automatiques étaient plutôt étranges, donnant à mon sujet un visage rose vif avec une légère teinte verte, comme s’il venait de descendre de montagnes russes. Les résultats ont été bien meilleurs dés que je me suis servi des ajustements manuels, bien que les glissières ne soient pas les plus ergonomiques dans mon navigateur. J’ai eu un peu de mal à atteindre le niveau de précision voulu et surtout à conserver les valeurs après coup. Après un temps d’adaptation, je suis parvenu à faire des manipulations plus heureuses avec ma souris. J’ai été particulièrement impressionné par l’accentuation de la netteté, qui a considérablement amélioré ma photo originale.

Somme toute, l’image que j’ai ensuite téléchargée sur mon ordinateur était relativement meilleure que celle que j’avais capturée, mais certainement pas mieux que ce que j’aurais obtenu en 30 secondes dans Photoshop Elements ou tout autre programme de traitement d’image sérieux.

Une chose que j’ai rapidement réalisé est que Picnik, à l’heure actuelle, n’est conçu que pour améliorer l’expérience photographique offerte par les sites comme Flickr et Facebook, dans lesquels il s’intègre très bien.

Après tout, pas mal de gens se moquent bien de leur qualité d’image lorsqu’il s’agit de les charger sur une galerie en ligne afin qu’amis et membres de la famille puissent les commenter.

J’ai ensuite testé un site appelé Cellsea et qui offre beaucoup plus d’options que Piknik. Toutefois, la moindre manipulation est très lente, tout au moins à mon goût, et je m’en suis rapidement lassé. A nouveau, le résultat final n’était pas mauvais (voire même meilleur que Piknik) mais au prix d’un temps conséquent passé à l’attendre.

Il est encore un peu trop tôt pour être vraiment critique avec ces technologies et des sites comme Picnik et Celsea s’amélioreront certainement rapidement. Je suis même étonné qu’ils marchent déjà aussi bien. Et peut-être que dans cinq ans, nous nous servirons tous d’outils en ligne d’Adobe. Je sais qu’il y a bien plus de sites que ça offrant ce type de service, mais je n’ai pas eu le temps de tous les chercher et certains limitent la taille des fichiers.

Chaque mois de juin, je reçois au moins une carte d’anniversaire qui sort du lot. Elle provient d’un ami artiste et sont la plupart du temps à base de photographie. Ses cartes sont généralement ornées d’un portrait altéré de moi avec une légende satirique ou une bulle me sortant de la bouche, avec des objets hétéroclites dans l’arrière-plan (comme par exemple des clubs de golf) qu’il imagine appropriés en regard à ce qui m’arrive dans la vie. C’est un professionnel de Photoshop et cela lui vient donc naturellement. Avec son talent, ça lui prend sans doute une demi-heure pour arriver à de superbes résultats.

Si je voulais l’imiter il faudrait que a) j’acquiers quelque talent artistique et sens du design et b) que je découvre beaucoup plus de techniques Photoshop que j’en connais, même après toutes les démos auxquelles j’ai assisté en tant que journaliste. En plus de ça, il me faudrait au moins trois heures, si ce n’est toute ma journée pour parvenir à quelque chose de potable.

Mais il existe tout de même une alternative en ligne appelée Live Studio. On peut y charger des photos et, à l’aide de différents outils, créer des collages. Bien que ce terme soit probablement trop artistique pour le résultat. Bricolage serait sans doute plus approprié. J’ai essayé Live Studio en me servant d’une des images d’essai que le site fourni. J’y ai ajouté une bulle pleine de texte, un poteau avec un signe, des cœurs, une cible, etc. à un type ressembler à un patron quelconque. Le site propose un certain nombre de légendes, d’objets, de bulles et de mots.

J’ai bien entendu fait des erreurs. J’ai mis le signe sur le poteau sens dessus-dessous, sans pouvoir le redresser. Mais je suis sûr qu’avec un peu de pratique, on peut arriver à des résultats plus probants. Au moment où je l’ai testé, Live Studio n’offrait qu’une version gratuite, mais prévoyait le lancement d’une version payante offrant plus d’outils et plus d’espace de stockage pour les images.

Un autre site étonnant (en tous cas pour les petits vieux comme moi) s’appelle Blabberize et il permet d’ajouter une bouche qui bouge suivant les sons produits à une photo. Ou bien, comme le suggère l’alpaca de l’introduction du site, utiliser un portrait pour inviter cette fille terriblement belle pour un resto, si vous ètes vraiment paumé qui aime se faire envoyer balader.

D’après ce que j’ai pu voir, certains usagers du site parviennent rapidement à un résultat marrant, d’autres pas du tout. Même si vous n’utilisez jamais Blabberize, c’est toujours marrant d’y jeter un œil.

Si vous pensez que les hommes, les vrais, se servent d’un reflex numérique et les femmes d’un compact, vous vivez dans une époque révolue, tout au moins aux États-Unis. Les sondages faits cette année à la PMA montrent que la majorité — juste au dessus de 51% — des usagers de reflex numériques au U.S.A. sont des femmes et qu’elles ont plus d’argent que les usagers moyens d’appareils numériques. Ces sondages indiquent que les femmes se servant de reflex numériques sont pour la plupart issues de foyers ayant un revenu annuel de $75,000 US ou plus. Et, sans surprise, ces femmes vivent dans des foyers ayant au moins un enfant de moins de six ans. Cela semble logique, car toujours selon les sondages, ces femmes prennent plus volontiers des photos de famille avec un reflex que les hommes, qui sont plus occupés à photographier quelque chose de beaucoup plus masculin comme des usines désaffectées, des explosions et des courses automobiles (ok, je viens juste d’inventer ça).

Bien entendu, l’usage des reflex numériques reste minuscule comparé à celui des photophones qui, d’après Strategy Analytics, se sont vendus à raison de 500 millions d’unités dans le monde en 2006, contre 85 millions trois ans auparavant.

Je ne suis pas sûr de la signification de tout ceci, vu que tous les cellulaires offrent maintenant des capacités photographiques, que l’on s’en serve ou non. La dernière fois que j’ai pris une photo avec un photophone était l’année après leur introduction au Canada. Bien entendu, je suis un type très vieux et complètement largué par Flickr et Facebook. Tout autant que je ne suis pas en permanente recherche de la meilleure image de destruction et de misère humaine dans la rue. Pour en rajouter une couche, Strategy Analytics prédit que d’ici 2011, un tiers de la population mondiale possèdera un photophone. Tant mieux pour eux.

Liens vers les tribunes précédentes de Peter:

 

Peter Wilson a été journaliste pendant plus de 35 ans pour des quotidiens comme le Vancouver Sun et d’autres publications nationales importantes du Canada. Pendant ces dix dernières années, il a écrit à propos des technologies émergeantes pour le Sun. Au cours de cette période, il a souvent publié des textes portant sur les développements de la photographie numérique et le boom qui s’est produit lors de son adoption par le grand public, tout en produisant des tests des derniers appareils. Mais il a aussi écrit sur la musique, les émissions télévisuelles et les productions cinématographiques. Son premier appareil photo était un Brownie Haweye et son premier reflex un Pentax Spotmatic. Il possède maintenant plus d’appareils numériques et de logiciels qu’il en aurait besoin.

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