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Un aperçu de Photoshop CS3 Extended
par Peter Wilson

Je dois admettre que je n’ai jamais pris une série d’images d’un paysage — d’une plage ou d’une chaîne de montagnes — afin de les assembler en panorama, comme un extrait de film en Cinémascope ou Cinérama.

C’est une technique qui ne m’a jamais intéressé et qui m’a toujours semblé être un artifice, bien que j’ai eu l’occasion d’observer d’excellents résultats produits par des artistes. Le plus proche que je me sois approché du sujet est en recadrant le haut et le bas d’une image du yacht club du coin avec les montagnes enneigées en arrière-plan.

Pourtant, j’ai récemment changé d’avis. Je viens juste de finir de découvrir Photoshop CS3 Extended, par le biais d’une présentation complète fournie par Adobe aux testeurs qui ont besoin d’un rapide tour d’horizon soulignant les dernières évolutions.

Une des nouvelles fonctions s’appelle Photomerge et permet d’assembler des images d’une façon beaucoup plus évoluée que ce qui était possible avec les versions précédentes du programme.

Avec Photomerge dans la version Extended — la version la plus aboutie, mais aussi la plus chère, de Photoshop CS3 — il est possible de faire coïncider les sources de lumière afin de rendre l’assemblage totalement transparent. En un clic de souris, le tour est joué.

Cela m’a immédiatement donné l’envie de descendre sur la plage en-dessous de ma maison pour capturer une série d’images des kayaks posés sur les rochers devant la maison de location, puis de les assembler avec l’aisance promise.

Mais nous parlons de Photoshop – un programme tellement complet qu’il y a de grande chance que vous n’utilisiez qu’une fraction de ses options, peut-être qu’un dixième, dans votre vie. Surtout si vous n’êtes pas un photographe professionnel, mais un amateur comme moi, qui se retranche souvent sur des logiciels comme Bibble, Lightroom ou Raw Developer pour faire des ajustements sur des fichiers RAW afin de donner l’impression que je sais ce que je fais lorsque je me trouve derrière mon appareil.

Cela n’a toutefois pas ralenti Adobe dans son développement de Photoshop, dont certaines fonctions se retrouvent même dans Photoshop Elements, une version grand public du programme.

Du coup, ce fut une vraie aventure d’ouvrir Photoshop CS3 Extended, bien que les points que je vais mentionner sont plus des commentaires qu’un test du programme.

La première chose sur laquelle Adobe attire mon attention est à quel point les nouveaux filtres sont intelligents et non-destructifs. En d’autres termes, il n’est plus possible de faire n’importe quoi (Adobe préfère le terme “expérimenter”) en appliquant des filtres puis en les supprimant, sans avoir à sauvegarder le fichier original et en y retournant. Les filtres intelligents créent automatiquement leur propre calque, permettant de faire des ajustements sans toucher les informations originales de l’image.

Il y a aussi un nouvel outil appelé Sélection rapide et Adobe démontre comment on peut détourer un individu se tenant devant un mur en brique. Je n’ai eu qu’à positionner le curseur au-dessus de sa tête puis le descendre le long de son corps. Photoshop analyse la photo et ne sélectionne que le personnage, l’isolant de son environnement.

C’est super rapide, sans avoir besoin d’utiliser le long processus de détourage manuel (pour lesquels je ne suis pas doué habituellement). Après ça, il est possible d’agrandir ou de rétrécir la zone de sélection en utilisant les touches de modifications. J’ai trouvé ça un peu difficile mais j’ai vu des utilisateurs expérimentés le faire avec aisance, je dois donc manquer de technique, un peu comme la pratique du golf (quoi que cela prenne des années, espérons que Photoshop soit plus rapide). Un autre outil, appelé Refine Edge, automatise l’affinage des bords de la sélection.

J’imagine qu’il y a fort peu d’amateurs qui se serviront de l’alignement automatique des calques et de l’estompage, mais cela m’a fasciné. Grosso modo, cette option vous permet de choisir deux images (la photo de famille dans laquelle le cousin Bart et cligne pas des yeux et tante Maude a la bouche fermée pour une fois) et de les combiner afin de donner une image décente à envoyer à tout le monde.

Sans entrer dans les détails techniques, il suffit de placer les images sur différents calques et de laisser Photoshop CS3 les analyser afin qu’il les estompe pour les assembler de façon invisible. S’il était possible d’obtenir un résultat similaire avec les versions précédentes de Photoshop, cela prenait un temps fou.

Photoshop CS3 améliore aussi l’outil de correction automatique par le biais de la palette de source du clonage. Il est non seulement possible de sélectionner la couleur mais aussi la texture de la zone à corriger. L’option de surimpression donne un aperçu très clair des pixels de la zone de source et donne une grande précision de retouche. Il est possible de modifier l’orientation de la trame de la source, son relief, son éclairage, etc. Autrement dit, il est possible de transformer la zone clonée pour faire le clonage. Il est aussi possible de choisir cinq zones sources et de passer de l’une à l’autre par simple clics de souris.

Quant à se servir des courbes, je me plante assez facilement. Du coup, les nouveaux préréglages qui favorisent les corrections automatiques sont une bénédiction. Il est même possible de créer des profiles afin de pouvoir les appliquer à un groupe d’images et obtenir des résultats consistants. L’affichage des courbes dans CS3 est plus grand et intègre un histogramme des composantes colorées.

La première fois que je me suis servi de Bridge, je n’ai pas été emballé. En fait, je n’aime pas spécialement lancer deux programmes si un seul suffit, mais si vous allez vous servir de la suite logicielle d’Adobe, vous en aurez besoin. Toutefois, la plupart du temps les amateurs se contenteront de Photoshop seul. La version CS3 de Bridge s’intègre complètement dans Photoshop et je me suis à peine rendu compte qu’il était ouvert, surtout vu que le programme est beaucoup rapide que la version antérieure. Cette nouvelle version propose une présentation en trois colonnes, permet d’enregistrer son espace de travail et offre un groupe de filtres qui permettent de trouver des images rapidement, de compresser une série d’images en une seule vignette puis de les revoir individuellement à l’aide d’un outil loupe en un seul clic.

J’apprécie aussi l’organisation des outils en une palette d’une seule colonne qu’il est possible de contracter ou d’étendre d’un clic. Lorsque la palette est dissimulée, il suffit de passer le curseur sur le bord de l’écran pour la faire apparaître.

J’ai au moins une demie douzaine de programmes — ce qui parait sans doute un peu excessive, je sais, mais j’achète souvent mes programmes de façon impulsive — et j’avais pris l’habitude de transformer mes fichiers RAW en TIFF ou en JPEG et je n’ai donc jamais utilisé Photoshop pour cette tâche. Mais pour certaines personnes, il n’y a pas d’autre application digne de le faire. Ils seront donc contents d’apprendre qu’Adobe Camera Raw est encore plus performant, mais il offre surtout des outils non-destructifs de retouche, des nouveaux contrôles d’éclairage et de vibrance des couleurs.

Camera Raw intègre aussi un outil de virage monochrome, ce qui simplifie la conversion des fichiers RAW. Ma fille m’a un jour demandé de convertir une photo d’elle et de ma petite fille en Noir et Blanc, afin qu’elle ressemble à une autre photo prise il y a 30 ans. Cet outil aurait rendu l’opération beaucoup plus facile et rapide (cela sans mentionner les plug-ins indépendant qui arrivent à reproduire la tonalité et la granulosité des films anciens, mais nous en reparlerons dans une autre colonne.)

Enfin, il ne faut pas oublier la bonne intégration de Photoshop CS3 avec Lightoom, si vous possédez ce programme.

Photoshop CS3 Extended propose aussi des outils que je n’aurais jamais pensé utiliser comme le traitement d’image 3D pour les textures, les graphiques animés et la vidéo par calques (ce qui permet de faire des retouches de couleurs ou de contenu par exemple).

Un bon conseil avant d’acheter Photoshop CS3 est de bien verifier quelles sont les options de chaque version. Il n’est pas nécessaire d’acheter la version Extended si vous ne désirez que les outils de base.

Si vous voulez en savoir plus, rendez vous sur le site d’Adobe, cette page permet de comparer les versions du programme en détail.

Liens vers les tribunes précédentes de Peter:

 

Peter Wilson a été journaliste pendant plus de 35 ans pour des quotidiens comme le Vancouver Sun et d’autres publications nationales importantes du Canada. Pendant ces dix dernières années, il a écrit à propos des technologies émergeantes pour le Sun. Au cours de cette période, il a souvent publié des textes portant sur les développements de la photographie numérique et le boom qui s’est produit lors de son adoption par le grand public, tout en produisant des tests des derniers appareils. Mais il a aussi écrit sur la musique, les émissions télévisuelles et les productions cinématographiques. Son premier appareil photo était un Brownie Haweye et son premier reflex un Pentax Spotmatic. Il possède maintenant plus d’appareils numériques et de logiciels qu’il en aurait besoin.

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