Je
dois admettre que je n’ai jamais pris une série
d’images d’un paysage — d’une plage
ou d’une chaîne de montagnes — afin de
les assembler en panorama, comme un extrait de film en
Cinémascope ou Cinérama.
C’est une technique qui ne m’a jamais intéressé et
qui m’a toujours semblé être un artifice,
bien que j’ai eu l’occasion d’observer
d’excellents résultats produits par des artistes.
Le plus proche que je me sois approché du sujet est
en recadrant le haut et le bas d’une image du yacht
club du coin avec les montagnes enneigées en arrière-plan.
Pourtant, j’ai récemment changé d’avis.
Je viens juste de finir de découvrir Photoshop
CS3 Extended, par le biais d’une présentation complète
fournie par Adobe aux testeurs qui ont besoin d’un
rapide tour d’horizon soulignant les dernières évolutions.
Une
des nouvelles fonctions s’appelle Photomerge et permet
d’assembler
des images d’une façon beaucoup plus évoluée que ce
qui était possible avec les versions précédentes du programme.
Avec
Photomerge dans la version Extended — la version la plus aboutie,
mais aussi la plus chère, de Photoshop CS3 — il est possible de
faire coïncider les sources de lumière afin de rendre l’assemblage
totalement transparent. En un clic de souris, le tour est joué.
Cela
m’a immédiatement donné l’envie de descendre sur
la plage en-dessous de ma maison pour capturer une série d’images
des kayaks posés sur les rochers devant la maison de location, puis
de les assembler avec l’aisance promise.
Mais nous parlons de Photoshop – un
programme tellement complet qu’il
y a de grande chance que vous n’utilisiez qu’une fraction de
ses options, peut-être qu’un dixième, dans votre vie.
Surtout si vous n’êtes pas un photographe professionnel, mais
un amateur comme moi, qui se retranche souvent sur des logiciels comme
Bibble, Lightroom
ou Raw Developer pour faire des ajustements sur des fichiers RAW afin de
donner l’impression que je sais ce que je fais lorsque je me trouve
derrière
mon appareil.
Cela n’a toutefois pas ralenti Adobe dans son développement
de Photoshop, dont certaines fonctions se retrouvent même dans
Photoshop Elements, une version grand public du programme.
Du coup, ce
fut une vraie aventure d’ouvrir Photoshop CS3 Extended, bien
que les points que je vais mentionner sont plus des commentaires qu’un
test du programme.
La première chose sur laquelle Adobe attire
mon attention est à quel
point les nouveaux filtres sont intelligents et non-destructifs.
En d’autres
termes, il n’est plus possible de faire n’importe quoi
(Adobe préfère
le terme “expérimenter”) en appliquant des filtres
puis en les supprimant, sans avoir à sauvegarder le fichier
original et en y retournant. Les filtres intelligents créent
automatiquement leur propre calque, permettant de faire des ajustements
sans toucher les informations originales de l’image.
Il y a
aussi un nouvel outil appelé Sélection rapide et
Adobe démontre
comment on peut détourer un individu se tenant devant un
mur en brique. Je n’ai eu qu’à positionner le
curseur au-dessus de sa tête
puis le descendre le long de son corps. Photoshop analyse la photo
et ne sélectionne
que le personnage, l’isolant de son environnement.
C’est
super rapide, sans avoir besoin d’utiliser le long processus
de détourage manuel
(pour lesquels je ne suis pas doué habituellement). Après ça,
il est possible d’agrandir ou de rétrécir la
zone de sélection
en utilisant les touches de modifications. J’ai trouvé ça
un peu difficile mais j’ai vu des utilisateurs expérimentés
le faire avec aisance, je dois donc manquer de technique, un peu
comme la pratique du golf (quoi que cela prenne des années,
espérons que Photoshop
soit plus rapide). Un autre outil, appelé Refine Edge, automatise
l’affinage
des bords de la sélection. J’imagine qu’il y
a fort peu d’amateurs qui se serviront de
l’alignement automatique des calques et de l’estompage,
mais cela m’a fasciné. Grosso modo, cette option
vous permet de choisir deux images (la photo de famille dans
laquelle
le cousin Bart et cligne pas des yeux
et tante Maude a la bouche fermée pour une fois) et de
les combiner afin de donner une image décente à envoyer à tout
le monde.
Sans entrer dans les détails techniques, il suffit
de placer les images sur différents calques et de laisser
Photoshop CS3 les analyser afin qu’il
les estompe pour les assembler de façon invisible. S’il était
possible d’obtenir un résultat similaire avec
les versions précédentes
de Photoshop, cela prenait un temps fou.
Photoshop CS3 améliore
aussi l’outil de correction automatique par
le biais de la palette de source du clonage. Il est non seulement
possible de sélectionner la couleur mais aussi la
texture de la zone à corriger.
L’option de surimpression donne un aperçu très
clair des pixels de la zone de source et donne une grande
précision
de retouche. Il est possible de modifier l’orientation
de la trame de la source, son relief, son éclairage,
etc. Autrement dit, il est possible de transformer la zone
clonée pour faire le clonage. Il est aussi possible
de choisir cinq zones sources et de passer de l’une à l’autre
par simple clics de souris.
Quant à se servir des courbes,
je me plante assez facilement. Du coup, les nouveaux préréglages
qui favorisent les corrections automatiques sont une bénédiction.
Il est même possible de créer
des profiles afin de pouvoir les appliquer à un groupe
d’images
et obtenir des résultats consistants. L’affichage
des courbes dans CS3 est plus grand et intègre un
histogramme des composantes colorées.
La première
fois que je me suis servi de Bridge, je n’ai pas été emballé.
En fait, je n’aime pas spécialement lancer deux
programmes si un seul suffit, mais si vous allez vous servir
de la suite logicielle d’Adobe,
vous en aurez besoin. Toutefois, la plupart du temps les
amateurs se contenteront de Photoshop seul. La version CS3
de Bridge s’intègre complètement
dans Photoshop et je me suis à peine rendu compte
qu’il était
ouvert, surtout vu que le programme est beaucoup rapide que
la version antérieure.
Cette nouvelle version propose une présentation en
trois colonnes, permet d’enregistrer son espace de
travail et offre un groupe de filtres qui permettent de trouver
des images rapidement, de compresser une série d’images
en une seule vignette puis de les revoir individuellement à l’aide
d’un outil loupe en un seul clic.
J’apprécie
aussi l’organisation des outils en une palette
d’une seule colonne qu’il est possible de contracter
ou d’étendre
d’un clic. Lorsque la palette est dissimulée,
il suffit de passer le curseur sur le bord de l’écran
pour la faire apparaître.
J’ai au moins une demie
douzaine de programmes — ce qui parait sans
doute un peu excessive, je sais, mais j’achète
souvent mes programmes de façon impulsive — et
j’avais pris l’habitude de transformer
mes fichiers RAW en TIFF ou en JPEG et je n’ai donc
jamais utilisé Photoshop
pour cette tâche. Mais pour certaines personnes, il
n’y a pas d’autre
application digne de le faire. Ils seront donc contents d’apprendre
qu’Adobe
Camera Raw est encore plus performant, mais il offre surtout
des outils non-destructifs de retouche, des nouveaux contrôles
d’éclairage et de vibrance
des couleurs.
Camera Raw intègre aussi un outil de
virage monochrome, ce qui simplifie la conversion des fichiers
RAW. Ma fille m’a un jour demandé de
convertir une photo d’elle et de ma petite fille en
Noir et Blanc, afin qu’elle ressemble à une
autre photo prise il y a 30 ans. Cet outil aurait rendu l’opération
beaucoup plus facile et rapide (cela sans mentionner les
plug-ins indépendant qui arrivent à reproduire
la tonalité et la granulosité des films anciens,
mais nous en reparlerons dans une autre colonne.)
Enfin, il
ne faut pas oublier la bonne intégration de Photoshop
CS3 avec Lightoom, si vous possédez ce programme.
Photoshop
CS3 Extended propose aussi des outils que je n’aurais
jamais pensé utiliser comme le traitement d’image
3D pour les textures, les graphiques animés et la
vidéo par calques (ce qui permet de
faire des retouches de couleurs ou de contenu par exemple).
Un
bon conseil avant d’acheter Photoshop CS3 est de bien
verifier quelles sont les options de chaque version. Il n’est
pas nécessaire d’acheter
la version Extended si vous ne désirez que les outils
de base.
Si vous voulez en savoir plus, rendez vous sur le
site d’Adobe, cette page permet de comparer les versions
du programme en détail. 
Liens vers les tribunes précédentes de Peter:
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