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Tribune

Aborder Photoshop CS3 correctement
par Peter Wilson

Il y une paire de méthodes vraiment mauvaises pour apprendre à se servir de Photoshop. L’une est de demander à un ami qui est expert en la matière – qui se sert de ce genre de logiciel tous les jours et qui connait tous les raccourcis clavier — de vous faire un cours. Tout ce qu’il fera est de vous demander ce que vous désirez accomplir et le fera en deux temps trois mouvements. Après vous avoir laissé les commandes pendant deux minutes, il vous éjectera du coude de la chaise et fera les manipulations en énumérant les actions rapidement que vous oublierez immédiatement. C’est plus rapide comme-ça, se justifiera-t-il…

(J’ai dit il et lui, car une femme attendra bien 15 minutes avant d’en avoir ras-le-bol de votre inaptitude flagrante et de vous virer des commandes.)

Au final, vous aurez une image parfaitement retouchée d’un port photographié la nuit ou d’une casse automobile dans la brume, mais vous n’aurez aucune idée de la procédure pour arriver au résultat. En plus, c’est la dernière fois qu’il vous la montrera, car la prochaine fois qu’il verra venir, il tournera les talons.

Oh, et si vous vous débrouillez pour le coincé, vous vous apercevrez rapidement qu’il est comme tout le monde et ne maîtrise que les outils dont il se sert tout le temps, c’est-à-dire juste la portion de Photoshop qui l’intéresse… Pourquoi en fera-t-il autrement ?

L’autre méthode vraiment terrible pour essayer d’apprendre un logiciel aussi complexe que Photoshop est de le faire tout seul. Ce serait complètement idiot de l’entreprendre… Oublions ça.

Il est aussi possible d’acheter un de ces guides illustrés super chers que vous sortirez à chaque fois que vous rencontrerez un problème. J’ai essayé cette approche et n’y suis tout simplement pas parvenu. C’est comme si chaque problème que j’ai rencontré ressemblait beaucoup à celui décrit dans le bouquin mais suffisamment différent pour que la solution ne s’applique pas. Ou alors je n’ai rien pigé aux explications.

Vous pouvez aussi prendre des cours au collège du coin (ce qui est probablement la meilleure option si vous arrivez à tenir sagement derrière un pupitre, ce que je ne peux vraiment plus faire.)

Je suis sûr que vous avez compris que j’allais vous sortir une combinaison magique vu le début de cet article !

Il s’agit d’un livre intitulé Adobe Photoshop CS one-on-one fait par Deke McClelland ($49.99 US, $64.99 Cdn) et publié par Deke Press/O’Reilly qui, je dois l’admettre, est mieux fait que tous les autres bouquins que j’ai consultés (et moins cher que la plupart d’entre en plus de ça). Il s’agit d’une approche pas-à-pas, complète avec des clips vidéo. Vous pouvez vous entrainer à la maison, en privé, en vous plantant autant que vous voulez sans avoir un étudiant mort de rire dans les environs.

J’ai découvert ce livre dans un blog annonçant sa publication prochaine. Des posteurs émettaient des commentaires très favorables portant sur l’ouvrage précédent qui couvrait Photoshop CS2.

La première chose que vous faites avec le livre de Deke (j’ai passé suffisamment de temps avec lui sur mon ordinateur au cours de ces dernières semaines pour me sentir assez familier pour l’appeler par son prénom) est d’en retirer le DVD qui se trouve en fin d’ouvrage, de copier tous les cours sur votre disque dur — avec toutes les photos sur lesquelles vous travaillerez —, copier ses réglages couleurs dans Photoshop, d’installer les raccourcis dekeKeys (pour PC ou Mac) et changer les préférences dans Photoshop en suivant ses suggestions. Si vous vous servez de Mac, il sera aussi nécessaire de changer certains raccourcis clavier.

Certaines opérations m’ont rendu un peu nerveux. Je n’aime pas particulièrement changer les réglages d’origine de mon ordinateur, mais jusqu’à présent, cela n’a eu aucun impact sur mes autres programmes… Sans doute parce que je ne suis pas fort des raccourcis clavier au départ.

Le livre contient un douzaine de leçons, chacune commençant par un clip vidéo illustrant la zone de l’interface de Photoshop que vous allez aborder en suivant le livre. A ma grande satisfaction, ces introductions ne se contentent pas d’énoncer le contenu du livre, mais couvrent bel et bien des exemples qui ne se trouvent pas dans ce dernier, voire même dans la leçon. Un bon point pour Deke, qui semble être un type charmant et jovial.

Vous abordez ensuite les leçons elles-mêmes et, en vous servant des photos prévues à cet effet, vous apprenez à sélectionner des zones d’une image, à faire des corrections et des retouches complexes, à appliquer des masques, retoucher la netteté, etc. Entretemps, certaines sections du livre sont dédiées à la théorie, comme par exemple l’explication des composantes des couleurs (avec un excellent graphique que je vais mentionner assez souvent) ou les manipulations de glissières afin d’en comprendre les subtilités.

Je vous recommande de vous réserver beaucoup de temps afin de ne pas vous presser. En général, dés que je me trouve en situation d’apprentissage, je me concentre sur le boulot et parcours le contenu rapidement pour me faire une idée global de la tâche. Cela me vient probablement de mes quarante années de journalisme, au cours desquelles je devais me familiariser avec un nouveau produit technologique dans l’heure et passer les deux suivantes à écrire à son propos.

Mais il ne faut pas suivre cet exemple dans notre cas présent. Essayez de ne pas tout aborder en une fois. Si la tête commence à vous pesez, allez voir le dernier CSI : Miami. Revenez sur le chapitre le lendemain.

Si vous vous dites que vous pouvez laisser tomber la théorie pour le moment et n’absorber que les manipulations concrètes, vous serez rapidement complètement paumé. J’ai réalisé cela dés le second chapitre. J’étais allé trop vite avec le premier et j’ai du le refaire, en prenant le temps de faire tous les exercices pratiques, m’assurant ainsi de les mémoriser pour de bon.

Et si vous arrivez aux parties que Deke dit que vous pouvez sauter, ne le faites pas. Sauf si vous en connaissez déjà le contenu. Vous n’en apprendrez que plus. J’ai été tempté de sauter le chapitre abordant le format RAW car je me sers tout le temps de ce format dans d’autres programmes, mais je suis très content de ne pas l’avoir fait. J’ai en effet appris certaines choses avec Photoshop CS3 que je pourrais appliquer ailleurs par la suite. Vous serez — bien sûr — avantagé si vous vous êtes déjà servi de Photoshop pendant un temps. Je ne suis pas sûr de recommander Adobe Photoshop CS3 one-on-one à un débutant ou à quelqu’un qui n’a qu’une très vague idée de ce que la retouche d’image comprend. Oh, et il serait sans doute préférable de connaitre un minimum la théorie de la couleur (ce que je ne possède pas, mais ma femme oui et du coup je lui demande souvent un coup de main).

A la différence de bien des ouvrages expliquant un logiciel, j’ai trouvé que si vous suivez les instructions précisément (elles sont faciles à suivre), vous pourrez reproduire tout ce que Deke fait subir à ses images. Il faut aussi saluer les concepteurs qui ont fait de ce livre un ouvrage facile à manipuler. Il reste ouvert à la page choisie et les illustrations coïncident bien avec le texte.

Une seule fois j’ai trouvé une erreur, et cela tient sans doute au fait que Deke énonce d’abord les manipulations pour PC, puis celles pour Mac. Dans ce cas précis, il m’a fallu quelques instants pour comprendre qu’il fallait que je modifie quelque chose dans un sous-menu et non un menu. Je ne dis pas que pour apprendre Photoshop il est impératif d’acheter ce livre, mais c’est certainement un de ceux à considérer en premier.

Liens vers les tribunes précédentes de Peter:

 

Peter Wilson a été journaliste pendant plus de 35 ans pour des quotidiens comme le Vancouver Sun et d’autres publications nationales importantes du Canada. Pendant ces dix dernières années, il a écrit à propos des technologies émergeantes pour le Sun. Au cours de cette période, il a souvent publié des textes portant sur les développements de la photographie numérique et le boom qui s’est produit lors de son adoption par le grand public, tout en produisant des tests des derniers appareils. Mais il a aussi écrit sur la musique, les émissions télévisuelles et les productions cinématographiques. Son premier appareil photo était un Brownie Haweye et son premier reflex un Pentax Spotmatic. Il possède maintenant plus d’appareils numériques et de logiciels qu’il en aurait besoin.

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