Il
y une paire de méthodes vraiment mauvaises pour
apprendre à se servir de Photoshop. L’une
est de demander à un ami qui est expert en la matière – qui
se sert de ce genre de logiciel tous les jours et qui connait
tous les raccourcis clavier — de vous faire un cours.
Tout ce qu’il fera est de vous demander ce que vous
désirez accomplir et le fera en deux temps trois
mouvements. Après vous avoir laissé les commandes
pendant deux minutes, il vous éjectera du coude
de la chaise et fera les manipulations en énumérant
les actions rapidement que vous oublierez immédiatement.
C’est plus rapide comme-ça, se justifiera-t-il…
(J’ai dit il et lui, car une femme attendra
bien 15 minutes avant d’en avoir ras-le-bol de
votre inaptitude flagrante et de vous virer des commandes.)
Au final, vous aurez une
image parfaitement retouchée
d’un port photographié la nuit ou d’une
casse automobile dans la brume, mais vous n’aurez aucune
idée de la procédure pour arriver au résultat.
En plus, c’est la dernière fois qu’il
vous la montrera, car la prochaine fois qu’il verra
venir, il tournera les talons.
Oh, et si vous vous débrouillez
pour le coincé,
vous vous apercevrez rapidement qu’il est comme tout
le monde et ne maîtrise que les outils dont il se sert
tout le temps, c’est-à-dire juste la portion
de Photoshop qui l’intéresse… Pourquoi
en fera-t-il autrement ?
L’autre méthode vraiment
terrible pour essayer d’apprendre un logiciel aussi
complexe que Photoshop est de le faire tout seul. Ce serait
complètement
idiot de l’entreprendre… Oublions ça.
Il
est aussi possible d’acheter un de ces guides illustrés
super chers que vous sortirez à chaque fois que vous
rencontrerez un problème. J’ai essayé cette
approche et n’y suis tout simplement pas parvenu. C’est
comme si chaque problème que j’ai rencontré ressemblait
beaucoup à celui décrit dans le bouquin mais
suffisamment différent pour que la solution ne s’applique
pas. Ou alors je n’ai rien pigé aux explications.
Vous
pouvez aussi prendre des cours au collège du
coin (ce qui est probablement la meilleure option si vous
arrivez à tenir sagement derrière un pupitre,
ce que je ne peux vraiment plus faire.)
Je
suis sûr
que vous avez compris que j’allais
vous sortir une combinaison magique vu le début de
cet article !
Il s’agit d’un livre intitulé Adobe
Photoshop CS one-on-one fait par Deke
McClelland ($49.99
US, $64.99 Cdn) et publié par Deke Press/O’Reilly
qui, je dois l’admettre, est mieux fait que tous les
autres bouquins que j’ai consultés (et moins
cher que la plupart d’entre en plus de ça).
Il s’agit d’une approche pas-à-pas, complète
avec des clips vidéo. Vous pouvez vous entrainer à la
maison, en privé, en vous plantant autant que vous
voulez sans avoir un étudiant mort de rire dans les
environs.
J’ai découvert ce livre dans un blog
annonçant
sa publication prochaine. Des posteurs émettaient
des commentaires très favorables portant sur l’ouvrage
précédent qui couvrait Photoshop CS2.
La première
chose que vous faites avec le livre de Deke (j’ai passé suffisamment
de temps avec lui sur mon ordinateur au cours de ces dernières
semaines pour me sentir assez familier pour l’appeler
par son prénom) est d’en retirer le DVD qui
se trouve en fin d’ouvrage, de copier tous les cours
sur votre disque dur — avec toutes les photos sur lesquelles
vous travaillerez —, copier ses réglages couleurs
dans Photoshop, d’installer les raccourcis dekeKeys
(pour PC ou Mac) et changer les préférences
dans Photoshop en suivant ses suggestions. Si vous vous servez
de Mac, il sera aussi nécessaire de changer certains
raccourcis clavier.
Certaines opérations m’ont rendu un peu
nerveux. Je n’aime pas particulièrement changer
les réglages
d’origine de mon ordinateur, mais jusqu’à présent,
cela n’a eu aucun impact sur mes autres programmes… Sans
doute parce que je ne suis pas fort des raccourcis clavier
au départ.
Le livre contient un douzaine de leçons,
chacune commençant
par un clip vidéo illustrant la zone de l’interface
de Photoshop que vous allez aborder en suivant le livre.
A ma grande satisfaction, ces introductions ne se contentent
pas d’énoncer le contenu du livre, mais couvrent
bel et bien des exemples qui ne se trouvent pas dans ce dernier,
voire même dans la leçon. Un bon point pour
Deke, qui semble être un type charmant et jovial.
Vous
abordez ensuite les leçons elles-mêmes
et, en vous servant des photos prévues à cet
effet, vous apprenez à sélectionner des zones
d’une image, à faire des corrections et des
retouches complexes, à appliquer des masques, retoucher
la netteté, etc. Entretemps, certaines sections du
livre sont dédiées à la théorie,
comme par exemple l’explication des composantes des
couleurs (avec un excellent graphique que je vais mentionner
assez souvent) ou les manipulations de glissières
afin d’en comprendre les subtilités.
Je vous
recommande de vous réserver beaucoup de temps
afin de ne pas vous presser. En général, dés
que je me trouve en situation d’apprentissage, je me
concentre sur le boulot et parcours le contenu rapidement
pour me faire une idée global de la tâche. Cela
me vient probablement de mes quarante années de journalisme,
au cours desquelles je devais me familiariser avec un nouveau
produit technologique dans l’heure et passer les deux
suivantes à écrire à son propos.
Mais
il ne faut pas suivre cet exemple dans notre cas présent.
Essayez de ne pas tout aborder en une fois. Si la tête
commence à vous pesez, allez voir le dernier CSI :
Miami. Revenez sur le chapitre le lendemain.
Si vous vous
dites que vous pouvez laisser tomber la théorie
pour le moment et n’absorber que les manipulations
concrètes, vous serez rapidement complètement
paumé. J’ai réalisé cela dés
le second chapitre. J’étais allé trop
vite avec le premier et j’ai du le refaire, en prenant
le temps de faire tous les exercices pratiques, m’assurant
ainsi de les mémoriser pour de bon.
Et si vous arrivez
aux parties que Deke dit que vous pouvez sauter, ne le faites
pas. Sauf si vous en connaissez déjà le
contenu. Vous n’en apprendrez que plus. J’ai été tempté de
sauter le chapitre abordant le format RAW car je me sers
tout le temps de ce format dans d’autres programmes,
mais je suis très content de ne pas l’avoir
fait. J’ai en effet appris certaines choses avec Photoshop
CS3 que je pourrais appliquer ailleurs par la suite. Vous
serez — bien sûr — avantagé si vous
vous êtes déjà servi de Photoshop pendant
un temps. Je ne suis pas sûr de recommander Adobe Photoshop
CS3 one-on-one à un débutant ou à quelqu’un
qui n’a qu’une très vague idée
de ce que la retouche d’image comprend. Oh, et il serait
sans doute préférable de connaitre un minimum
la théorie de la couleur (ce que je ne possède
pas, mais ma femme oui et du coup je lui demande souvent
un coup de main).
A la différence de bien des ouvrages
expliquant un logiciel, j’ai trouvé que si vous
suivez les instructions précisément (elles
sont faciles à suivre),
vous pourrez reproduire tout ce que Deke fait subir à ses
images. Il faut aussi saluer les concepteurs qui ont fait
de ce livre un ouvrage facile à manipuler. Il reste
ouvert à la page choisie et les illustrations coïncident
bien avec le texte.
Une seule fois j’ai trouvé une
erreur, et cela tient sans doute au fait que Deke énonce
d’abord
les manipulations pour PC, puis celles pour Mac. Dans ce
cas précis, il m’a fallu quelques instants pour
comprendre qu’il fallait que je modifie quelque chose
dans un sous-menu et non un menu. Je ne dis pas que pour
apprendre Photoshop il est impératif d’acheter
ce livre, mais c’est certainement un de ceux à considérer
en premier.

Liens vers les tribunes précédentes de Peter:
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