Comme nous l'avons mentionné
au préalable dans notre test, le
Canon PowerShot S5 IS est une mise à jour du S3 IS.
Il reprend la même ergonomie générale
et le zoom optique 12X stabilisé
à motorisation USM, mais il a subi une refonte importante
sur d'autres aspects. Son moniteur orientable mesure
2.5 pouces de diagonale et son capteur délivre une
résolution
de 8 megapixels.
L'autre grande nouveauté est l'intégration du processeur
de traitement d'images D!GIC III.
Diaphragme: f3.5, vitesse: 1/20 s.,
80 ISO.
Ce processeur apporte, en plus
d'un traitement accéléré des images, un
certain nombre de nouvelles fonctions: la détection
de visage, le décalage automatique de la sensibilité ISO
et la correction automatique des yeux rouges par exemple.
La détection
de visage est vraiment efficace. Non seulement l'appareil
reconnait un visage et le garde net même si le sujet
se déplace
mais l'exposition de l'image est optimisée de sorte à avoir
le sujet principal bien exposé, quelle que soit l'ambiance
lumineuse et avec ou non l'usage d'un flash. De plus, lorsqu'il
est actif le système de réduction d'yeux rouges automatisé
gomme efficacement ce problème,
sans intervention du photographe.
Diaphragme: f3.5, vitesse: 1/125 s.,
800 ISO.
Le décalage automatique
de la sensibilité ISO est une fonction qui permet
de solliciter la touche afin
que l'appareil puisse momentanément faire du gain
bien que la sensibilité ISO soit fixe. Cela permet
de capturer une image nette d'une action rapide si l'éclairage
ambiant est trop faible pour garantir une vitesse suffisante.
Pourtant, au niveau de la sensibilité ISO il faut reconnaître
que le S5 IS est rapidement bruité et cela est probablement
dû à la densité atteinte par son capteur CCD.
Entre 80 et 100 ISO, le bruit est
inexistant. Par contre, dès 200 ISO il apparaît dans les zones
d'ombre, même avec un bon éclairage naturel. Les sensibilités
de 400 et 800 ISO voient une propagation importante du bruit
dans l'ensemble des images, zones de couleur uniforme comprises
et dans le ciel. La sensibilité de 1600 ISO est carrément inexploitable.
Il est possible, dans certaines
conditions, de tirer partie d'une sensibilité allant jusqu'a 800 ISO si les images sont
destinées à être réduites et si l'on prévoit d'utiliser un
logiciel de réduction du bruit par la suite.
Fort heureusement, la stabilisation optique du zoom est
excellente, et bien souvent, il n'est pas nécessaire d'augmenter
la sensibilité pour capturer des images bien nettes, même
avec un faible éclairage et en utilisant le zoom.
Diaphragme: f4, vitesse: 1/125 s.,
80 ISO.
Sur le plan optique, on rencontre
un autre problème: il semble que la densité du capteur de 8.3
megapixels arrive aux limites du pouvoir de résolution de l'optique
en grand angle. En effet, aux focales les plus courtes les
images affichent une netteté plutôt douce au centre et très
basse dans les angles. La netteté s'améliore et s'homogénéise beaucoup lorsque la focale augmente et les images sont bien
nettes au télé.
Diaphragme: f4, vitesse: 1/640 s.,
80 ISO.
Il faut aussi souligner
que l'objectif ne souffre quasiment pas d'aberration chromatique
— celle-ci n'apparaît que dans de rares occasions, avec un
contraste
extrême — et les distorsions sont très bien contrôlées.
S'il est possible de voir une faible distorsion en barillet
en grand angle et avec un sujet proche, il n'y en a aucune
en coussinet au télé.
Il faut aussi mentionner l'excellente reproduction des couleurs
offerte par le réglage du blanc automatique avec un éclairage
naturel.
Les couleurs sont non seulement
fidèles mais elles affichent une superbe saturation qui donne
des impressions claquantes. On
peut constater une faiblesse de la balance automatique du blanc
sous un éclairage artificiel, un phénomène assez courant. Dans
ces conditions, il ne faut pas hésiter à se servir de la mesure
personnalisée pour
obtenir
de meilleurs
résultats.
Cela nous amène à
notre principal regret par rapport au S5 IS:
il n'offre pas de format d'image RAW. Il
est vrai qu'en format JPEG
Super Fin,
les images conservent un excellent niveau de détails et de
nuances de couleurs et ne montrent aucun artefact de compression.
Mais lorsqu'on voit les possibilités offertes par les caractéristiques
techniques de cet appareil, il nous semble qu'il serait
possible de tirer encore plus de qualités de ses images si
on disposait d'un format plus souple que le
JPEG.
Diaphragme: f2.7, vitesse: 1/25 s.,
400 ISO.
Pour la photographie au flash,
le S5 IS est assez bien équipé avec son petit
flash intégré.
Il a une puissance suffisante pour donner un éclairage
homogène
dans une pièce de dimension moyenne (3 m - 12 pi) en
gardant une sensibilité de 80 ISO. Si le problème
d'yeux rouges est toujours présent, son système
de réduction automatique est
performant. Mais la grande nouveauté est l'addition
d'une griffe porte flash.
Le
S5 IS
est compatible
avec la mesure
de lumière au flash E-TTL II et peut recevoir les unités
Speedlite 220EX, 430EX et 580EX II. Avec un flash externe adapté,
les performances du S5 IS deviennent excellentes pour ce type
de
prises de vues.
Le Canon PowerShot S5 IS est un appareil
destiné aux amateurs avancés et il est nécessaire de prendre
le temps de l'apprivoiser pour en obtenir la plus haute
qualité d'image. Il est manifeste que la résolution de 8
megapixels semble être
le
maximum que son optique puisse supporter et il faut
prendre le temps de travailler les images pour en dégager
tout le potentiel aux courtes focales. Le bruit est aussi
un facteur limitant lorsqu'on utilise une sensibilité égale
ou supérieure à 200 ISO. Mais, là aussi, en ayant
un peu d'expérience avec le S5
IS on pourra savoir à quoi s'attendre et comment en tirer
le meilleur parti.