Depuis quelques années,
Fujifilm a commercialisé des appareils utilisant sa
propre invention, le
Super CCD, un capteur composé de pixels — ou
photosites — octogonaux
et arrangés en nid d'abeille.
Le FinePix F10 est l'un d'entre eux, équipé d'un Super CCD
HR (High Resolution) de 5ème génération, couplé à un nouveau
processeur RP (Real
Photo). Mais à la différence de tous les modèles précédents
pourvus de Super CCD, la plus haute qualité d'image du F10 n'est
pas le résultat d'une interpolation, mais
bel et bien celle des dimensions physiques du CCD.
Diaphragme: f8, vitesse: 1/800 s, 80 ISO.
Comparé à d'autres
appareils, le FinePix F10 possède
un nombre réduit de modes de capture. Un mode
Manuel permet de fixer
des paramètres comme le réglage du blanc, le
type de mesure de lumière et la compensation d'exposition,
mais l'appareil garde le contrôle sur l'ouverture et
la vitesse, ainsi que d'ailleurs dans tous les autres
modes. Cinq modes
scènes
intelligemment choisis permettent d'adapter
l'appareil
à toutes les occasions photographiques courantes et
le mode Auto incontournable complète les choix.
Un des programmes résultats
a retenu notre attention: le mode Lumière
Naturelle.
Ce mode permet de prendre des photos sans flash même
lorsque les conditions d'éclairage sont largement insuffisantes.
L'appareil fait automatiquement du gain jusqu'à 1600
ISO si cela est nécessaire. Chose surprenante, le bruit
est très bien contrôlé — bien qu'il
soit visible dans les zones les plus sombres — et surtout,
les couleurs sont vraiment naturelles même lorsqu'elles sont à peine
discernables à l'oeil nu.
De fait, le programme Lumière
Naturelle est clairement conçu pour tirer parti d'une
des caractéristiques remarquables du FinePix F10: une
faible sensibilité
au bruit qui normalement, sur un appareil numérique
compact, infeste les photos capturées avec une haute
valeur ISO.
Sur le plan de la qualité d'image,
comme cela est le cas sur un certain nombre d'appareils récents
de la marque, compression et taille d'image sont liées
sauf pour la plus haute résolution. A 6,3 megapixels,
il est possible de choisir un niveau de compression fin ou normal.
En format 6M Fine, les images délivrées ne montrent
aucune trace de compression et la netteté reste excellente,
l'appareil capturant fidèlement les détails les
plus fins.
Diaphragme: f7.1, vitesse: 1/320 s, 80 ISO.
Les couleurs sont par ailleurs toujours
agréablement saturées, bien que les verts soient
les mieux rendus et que les nuances bleues dans le ciel puissent
parfois
prendre une teinte turquoise.
Diaphragme: f4.5, vitesse: 1/320 s, 80 ISO.
Le FinePix F10 est équipé d'un
zoom optique 3X Fujinon, l'équivalent d'un 36-108 mm
en 35 mm. La distorsion en barillet souvent associée
au grand angle est bien contrôlée et reste indiscernable
sur un sujet classique se trouvant à une distance moyenne.
Aucune distorsion en coussinet n'est visible en télé et,
sur l'ensemble de la plage focale, les images n'exhibent aucune
aberration chromatique. Sur le modèle que nous avons
testé,
le coin supérieur gauche
des images manquait un peu de netteté en grand angle.
Le non-conformisme de Fujifilm se
retrouve d'ailleurs au niveau des types de mesures de lumière
offertes sur le F10: les icônes qui les représentent
peuvent être un peu confuses ainsi que les noms donnés
aux différentes mesures.
L'appareil dispose d'une mesure
de lumière avancée, Multi, combinant 64
mesures faites dans l'image et donnant d'excellents résultats
dans la plupart des conditions d'éclairage.
Pour le cas où elle
serait prise en défaut, l'appareil propose aussi
une mesure Spot (appelée centrale), idéale
pour les contre-jours et une mesure réagissant de
façon
pondérée
centrale (appelée moyenne) qui peut être
appropriée lorsque le sujet présente un contraste
important par rapport au reste de l'image.
Diaphragme: f2.8, vitesse: 1/160 s, 80 ISO.
Pour ce qui est de la
photographie au flash, celui-ci donne un éclairage homogène en
grand angle
mais
sa portée peut être un peu limitée. En téléobjectif — qui n'ouvre
qu'à f5 au maximum — et en gardant la sensibilité à 80 ISO, le
flash n'éclaire correctement qu'à une distance d'environ 2 mètres.
En revanche, il est possible de s'en servir en macrophotographie
avec le zoom.
Le F10 est rapide, que ce soit
à l'allumage ou lors de la manipulation de ses
contrôles et menus. Son grand écran ACL de 2.5 pouces est un
vrai plaisir à utiliser, même en extérieur. Surtout, le
F10 a une qualité d'image qui ne peut être que qualifiée d'excellente.
Il est capable de reproduire fidèlement de très fins détails
et donne des images exploitables sur l'ensemble de sa plage
ISO fort étendue.
A notre avis, le FinePix F10 est le meilleur compact pourvu
d'un Super CCD que Fujifilm ait produit à ce jour et
le premier
à tenir les promesses faites par ce type de capteur.