Deuxième appareil
de la gamme P de Kodak après le P880, le P850 est
le premier appareil de la marque Kodak a posséder
une stabilisation d'image sur son zoom optique 12X.
Sa résolution
de 5 megapixels est agrémentée de l'enregistrement
possible des images en formats TIFF et RAW et ses caractéristiques
comprennent — plus accessoirement — un moniteur
de 2.5 pouces de diagonale et un viseur électronique à haute
résolution.
L'offre constituée par un tel
appareil semble faire écho aux centres d'intérêt des consommateurs
actuels: si la plus haute résolution possible — aux environs
de 8 - 9 megapixels — possède certains attraits, un appareil
de 5 megapixels offrant un puissant zoom optique et un système
de stabilisation d'image ne manquent pas d'intéresser un large
public.
Le zoom, conçu par Schneider-Kreuznach,
correspond à un 36 - 432 mm en 35 mm. Ses ouvertures
maximales sont de f2.8 en grand angle et de f3.7 en télé,
ce qui en fait un objectif
plus lumineux que bien d'autres zooms plus courts actuellement
offerts sur d'autres appareils.
Pour illustrer la puissance de grossissement optique
dont on dispose, l'image présentée à droite à été prise
en grand angle, tandis que celle qui se trouve ci-dessous
a
été capturée à l'extension maximale du zoom.
Diaphragme: f2.8, vitesse: 1/125s., 50 ISO,
équiv. 36 mm.
Le rectangle rouge figurant dans
la première image cerne la zone cadrée au télé. Un grand nombre
d'applications deviennent possibles lorsqu'on dispose d'un
tel rapport de grossissement. De plus, la résolution
de
5 megapixels
s'avère bien souvent tout à fait suffisante quand on voit le
niveau de détails fidèlement reproduit au téléobjectif.
Diaphragme: f3.7; vitesse:
1/60 s., 50 ISO, équiv. 342 mm.
C'est en se servant de l'objectif
à ses focales les plus longues que l'importance de
la stabilisation optique est mise en valeur. Avec un objectif
de 432 mm non
stabilisé, il serait nécessaire de disposer
d'une vitesse d'au moins 1/500
seconde
pour garantir une image nette, sans flou de bougé.
L'image ci-contre a été capturée à main
levée et à 1/60 s. car l'éclairage
est loin d'être idéal en hiver. Pourtant, elle
est parfaitement nette, y compris lorsqu'on l'observe sur
un moniteur à
100%.
En grand angle — et uniquement
lorsque l'objectif à sa
focale la plus courte — il est possible de voir un
léger manque de piqué, les images n'étant
pas aussi nettes qu'aux autres focales. Par contre, sur le
reste de la plage focale, les images capturées sont
parfaitement nettes, de façon homogène, y compris
dans les coins. La distorsion en barillet du grand angle
est imperceptible, restant très faible même en macrophotographie,
tandis qu'il n'y a pas de distorsion en coussinet en télé.
L'aberration chromatique est aussi très bien contrôlée et
il est très
rare d'en voir
dans
les
images.
Le P850 est servi par un
autofocus performant et fiable, bien qu'il soit plus hésitant
dans les endroits sombres. L'utilisateur se voit offert
l'option de
déplacer
le collimateur AF actif
sur 25 positions dans l'image, ce qui ajoute un niveau de
précision qui s'avère parfois nécessaire. Et ce qui est encore
plus appréciable, la mesure de lumière spot peut être liée
au
collimateur AF,
c'est-à-dire
placé sur une des 25 positions dans l'image. C'est un atout
non négligeable lorsqu'on est confronté à situation présentant
un contraste prononcé entre le sujet et ses environs.
Diaphragme: f3.2; vitesse:
1/125 s., 100 ISO.
La mesure de lumière multizone
donne toutefois d'excellents résultats la plupart du temps.
Sur le plan du rendu des couleurs, le traitement post-capture
effectué
par
le processus
Kodak
Color Science est excellent. Les couleurs sont très naturelles
et avec une bonne saturation.
Diaphragme: f2.8, vitesse:
1/40 s., 64 ISO.
La sensibilité de base du
P850 est de 50 ISO, niveau auquel le bruit reste très discret,
cantonné aux zones vraiment sombres lorsque l'éclairage n'est
pas de bonne qualité. Chose intéressante, il est possible
d'augmenter la sensibilité du CCD par faibles incréments
— à 64, 80, 100, 125, 160 ISO, etc — ce qui permet d'obtenir
une vitesse plus élevée par exemple, sans pour autant augmenter
trop subitement la quantité de bruit dans l'image.
En poussant la sensibilité au delà de 200
ISO, le bruit devient plus visible et à 400 ISO, il est omniprésent.
Kodak prévoit aussi un niveau
de sensibilité de 800 ISO, mais il n'est accessible que lorsque
la taille d'image est la plus petite (1.2 Mo soit 1280 x
960
pixels) et le bruit rend les images très granuleuses, ce
qui en limite l'utilité.
En plus d'offrir trois niveaux
de compression JPEG (Précise, Standard et Basique),
l'appareil propose les formats RAW et TIFF. La qualité d'image
obtenue avec la compression JPEG Précise est
excellente et il n'y a pas d'artefacts de compression discernables
par rapport aux images prises en format TIFF, ce qui limite
l'utilité de ce format à la conservation des nuances de couleurs
les plus fines.
Le format RAW
créé des fichiers avec une compression
sans perte d'information, mais sans appliquer le traitement
post-capture Kodak
Color Science.
Diaphragme: f2.8; vitesse:
1/125 s., 50 ISO.
Le format RAW permet de tirer
le meilleur du CCD de 5 megapixels. Il donne la possibilité au
photographe d'effectuer des retouches dans le logiciel EasyShare
par exemple, avant d'enregistrer ses images en formats plus
courants (TIFF, JPEG ou BMP).
Un
autre point en faveur du P850 est sa griffe porte-flash.
Si le flash intégré offre un bon niveau de performance, il
arrive de devoir utiliser la sensibilité en Auto pour obtenir
un éclairage suffisant. En montant le flash optionnel P20,
il est possible d'obtenir d'excellentes images en intérieur,
même dans une pièce aux dimensions importantes.
Somme toute, le Kodak P850 s'avère être un appareil offrant
d'excellentes capacités
à un large
public:
non seulement la stabilisation et les programmes résultats
dont il dispose lui permettent de produire des images de
très bonnes qualité avec une intervention minimale de la
part de l'utilisateur, mais les photographes exigeants
trouveront tous les débrayages nécessaires pour exercer
leur créativité.