Le Lumix DMC-L10 est un appareil
qui se sort du lot des appareils reflex d'entrée de
gamme actuels. Cela tient principalement à son moniteur
complètement orientable,
dispositif jusqu'alors réservé aux appareils
compacts ou aux bridges. En fait, vu la façon dont on
peut s'en servir, le DMC-L10 fait penser à un appareil
bridge offrant la possibilité de changer d'objectif.
La visée Live View qui se généralise actuellement sur les
reflex de toutes marques confondues est poussée un cran plus
loin avec le L10.
Diaphragme: f4.5, vitesse: 1/80 s., 100 ISO
Comme un reflex, le DMC-L10 possède
un viseur TTL qui présente l'image provenant de l'objectif à
l'aide d'un miroir. La mesure de lumière et la mise au point
sont faites à l'aide de jeux de miroirs et de petits capteurs
dédiés à ces tâches, comme sur tous les reflex classiques.
Diaphragme: f5.6, vitesse: 1/
60 s., 100 ISO.
Lorsqu'on active la visée Live View, le
DMC-L10 relève le miroir, affiche l'image sur son moniteur
et évalue l'exposition directement avec le capteur NMOS qui
enregistre
l'image, comme le fait un appareil compact ou un bridge.
Mais la grande nouveauté est que le DMC-L10 est capable aussi
de faire la mise au point, sans avoir à rabaisser le miroir
brièvement pour utiliser le système AF de la visée TTL, car
il dispose d'un autre système prenant place directement sur
le capteur NMOS, à nouveau comme un compact.
En plus de disposer d'une liberté
de cadrage presque complète grâce au moniteur orientable, le
DMC-L10 est même plus performant lorsqu'on utilise la visée Live
View. Par exemple, la mesure de lumière multizone est basée sur
49 zones en visée TTL et 256 zones avec la visée Live View. Il
en va de même pour l'autofocus qui ne possède que trois collimateurs
lors de la visée TTL et 11 collimateurs et la reconnaissance
de visage lorsqu'on se sert du moniteur.
La visée Live View est un excellent
dispositif dans certaines conditions et pour certains utilisateurs,
s'avérant plus souple que la visée reflex. Son inconvénient
majeur est la consommation d'énergie largement accrue qui se
produit lorsque le moniteur est actif en permanence. C'est
en effet une caractéristique vraiment en retrait que nous avons
observé avec le DMC-L10. Son autonomie, dés lors qu'on utilise
la visée Live View, est beaucoup plus faible que sur un reflex
classique.
Diaphragme: f11, vitesse: 1/
80 s., 100 ISO.
Comme tous les reflex actuels, le
DMC-L10 offre la possibilité d'enregistrer les images en format
JPEG, avec deux niveaux de compression, mais aussi en format
RAW. Ce format délivre sans aucun doute la meilleure qualité
d'image produite par cet appareil.
Diaphragme: f8, vitesse: 1/
160 s., 100 ISO.
Avec la compression la plus
faible, les images capturées en format JPEG Fin sont de très
haute qualité et conservent les détails les plus fins et d'excellentes
nuances de couleurs. Les images ainsi capturées sont immédiatement
disponibles.
Mais le format RAW permet de disposer
de toutes les informations glanées
par le capteur et de faire des corrections impossibles avec
les fichiers comprimés qui ont perdus une certaine quantité
d'informations colorées.
Le logiciel SilkyPix qui accompagne
le DMC-L10 est de très bonne qualité et il est possible de faire
une grande quantité de corrections sur les images. Avec le format
RAW, on dispose d'une plage dynamique beaucoup plus étendue qu'avec
le format JPEG, ce qui permet par exemple de faire ressortir
des détails dans les ombres et dans les hautes lumières. Bien
entendu, pour faire des manipulations plus avancés, un logiciel
comme Photoshop est plus indiqué, surtout que la version CS3
supporte les fichiers RAW du DMC-L10.
Le
DMC-L10 délivre des images libres de bruit dans les
zones correctement éclairées entre 100
et 200 ISO,
mais une inspection à 100% sur un moniteur révèle
une certaine granulosité dans les zones sombres plus ou moins
marquée suivant les conditions lumineuses. Il est possible
d'en voir un peu plus à 400
ISO, mais cela
reste
léger en extérieur. On franchit visiblement
une étape à partir
de 800 ISO. Même en extérieur
et par beau temps, les images contiennent du bruit dans les
ombres et parfois sans les couleurs uniformes sombres.
Diaphragme: f7.1, vitesse: 1/
100 s., 100 ISO.
La sensibilité de 1600 ISO est décevante
en format JPEG. Le bruit est omniprésent et les détails les plus
fins sont gommés par le passage de la compression. En format
RAW, les images capturées à 1600 ISO sont un peu plus exploitables,
mais uniquement en petit format car le traitement de réduction
du bruit a inévitablement un impact visible sur la netteté.
Diaphragme: f7.1, vitesse: 1/
80 s., 100 ISO.
Le zoom livré en kit avec le DMC-L10 est excellent.
Il dispose par ailleurs de la stabilisation optique Mega O.I.S.,
ce qui compense ses ouvertures maximales de diaphragme de f3.8
en grand angle et f5.6 en télé. Les qualités optiques sont très
bonnes, les distorsions en barillet et en coussinet étant imperceptibles
aux deux extrémités de la plage focale. On peut voir dans
certains cas une légère aberration chromatique en grand angle,
mais cela est très limité. Elle n'apparaît pas aux autres focales.
Le flash intégré du L10 est le bienvenu
dans les situations ou l'éclairage ambiant est un peu faible,
ou encore lorsque le sujet se trouve un peu à contre-jour. La
mesure de lumière fait un bon équilibre entre l'éclairage ambiant
et celui du flash, permettant de déboucher efficacement les ombres.
Il faut toutefois faire attention, car le zoom du kit provoque
une ombre portée en bas de l'image... Pour tous travaux nécessitant
un éclairage plus important, la griffe porte-flash permet d'utiliser
les flashs dédiés de la marque ou du matériel de studio sans
aucun problème.
Le Panasonic Lumix DMC-L10
est un reflex numérique d'entrée de gamme novateur, mais cela
a un prix. A l'heure actuelle, cet appareil est annoncé avec
son objectif en kit à un tarif le mettant en compétition avec
des boîtiers beaucoup plus avancés et cela se justifie difficilement
par un écran orientable.
Les qualités techniques de cet appareil sont dans l'ensemble
très bonnes et les images qu'il délivre sont d'excellente
qualité, surtout lorsqu'on se sert de son format RAW.