Le Pentax K10D est pourvu d'une
tropicalisation — toutes ses touches et ouvertures sont
protégées
par des joints contre l'humidité et la poussière — et
est manifestement conçu pour des amateurs sérieux,
pouvant même convenir pour un usage professionnel.
Bien qu'il possède un mode
Vert (tout auto), le K10D ne propose pas de programmes résultats,
offrant à la place des modes ingénieux qui ne figurent sur
aucun autre appareil jusqu'à présent. Le premier est le mode SV
(Priorité à la sensibilité) qui permet
de varier la sensibilité ISO avec la molette arrière et de
contrôler le couple vitesse/diaphragme avec la molette avant
afin de geler une action rapide ou au contraire d'accentuer
un mouvement, ou de jouer sur la profondeur de champ.
Le suivant est le mode TAv
(Priorité Vitesse et Diaphragme) qui tire avantage
de la plage de sensibilités du K10D. Ce mode permet
de choisir la vitesse et l'ouverture, l'appareil changeant
la sensibilité
ISO pour obtenir une exposition correcte.
Le K10D est normalement
commercialisé "boîtier
seul". Celui que nous avons testé nous a été livré avec
un zoom SMC Pentax-DA 16 - 45mm f4
ED AL et un SMC Pentax-DA f2.4 70mm.
Le zoom contient du verre à faible dispersion pour
accentuer la justesse des couleurs ainsi que des surfaces
asphériques
pour minimiser les distorsions. En grand angle, il devient
l'équivalent d'un 24mm à cause du facteur 1.5X
provoqué par
l'aire du CCD.
Les images obtenues à cette
focale sont généralement libres de toute distorsion
en barillet. L'aberration chromatique est
indiscernable et ne devient détectable que lorsqu'une
image prise en grand angle contient un contraste violent
et qu'elle
est inspectée à 100% sur un moniteur.
Bien
que cela se corrige facilement avec un logiciel, sa netteté est
moyenne sur l'ensemble de sa plage focale et les images prises
en grand
angle accusent une perte de netteté dans les angles
par rapport au centre.
Par contre, le 70mm produit
des images extrêmement piquées.
Mais au niveau
du boîtier, ce qui est surtout impressionnant
est que sa place de sensibilités est exploitable
en totalité.
A 100 ISO, le bruit est absent
des images et jusqu'à
400
ISO — lorsque l'incrémentation est réglée
sur 1/3 EV cela représente
six valeurs — les images ne contiennent que fort peu
de bruit, le plus souvent indétectable. Au delà,
le bruit augmente doucement jusqu'à 1600 ISO. A cette
sensibilité, il n'est pas plus
visible que dans des images prises à 400 ISO avec un
appareil compact ayant un capteur bien plus petit.
Le K10D permet d'enregistrer ses
images en trois formats: JPEG, avec un choix de trois niveaux
de compression, ou dans un des deux formats
RAW:
PEF
ou DNG.
Si le format PEF est une version
propriétaire de Pentax du format RAW, le K10D est un
des rares appareils à supporter le format RAW développé par
Abobe, DNG. Ce format a été conçu pour
créer un standard entre tous les
appareils numériques supportant le format RAW. Ces deux
formats sont identiques dans le sens qu'ils contiennent toutes
les
informations reçues par le capteur CCD sans traitement
post-capture. Les deux fichiers intègrent tous les paramètres
de capture, offrant une grande latitude de corrections dans
un logiciel.
La seule différence notable
entre ses deux formats pour l'utilisateur du K10D vient de
la taille de fichier des images DNG (environ 16.5 Mo) par
rapport à celles en format Pentax PEF (entre 11 et 13 Mo).
Cela nous amène à une brillante innovation de Pentax: l'ajout
de la touche RAW sur le boîtier, permettant de passer à la
capture d'image en format RAW sans avoir à entrer dans le
menu. On ne peut qu'espérer la retrouver sur des appareils
d'autres marques.
En format JPEG, les photos
prises au niveau trois étoiles reçoivent la
compression la plus faible qui oscille aux alentours de 8:1
pour les images
de 10 megapixels.
Pourtant, les résultats obtenus sont
très
impressionnants tant leur qualité est élevée.
Pour la capture d'images quotidiennes, il n'est manifestement
pas nécessaire
d'avoir recours au format RAW.
Avec la possibilité d'enregistrer
une image en format RAW et une copie en format JPEG de si haute
qualité, le meilleur des deux mondes devient disponible.
Le Pentax K10D est un appareil
fort bien conçu et il ne faut pas longtemps pour s'en rendre
compte lorsqu'on le tient en main. Les commandes sont intelligemment
disposées, devenant rapidement familières.
En plus des modes débrayables habituels, le K10D offre
certains modes assez créatifs qui permettent d'exploiter
d'autres caractéristiques de la photographie numérique.
Sa
stabilisation intégrée est excellente et s'adapte à une grande
quantité d'objectifs Pentax, sans coût additionnel.
Pour compléter l'offre, la protection tout temps et le système
de réduction de poussière, achevant d'en faire un appareil
hors du commun.
Avec la commercialisation du K10D, Pentax a certainement
rehaussé la barre des appareils reflex numériques
d'un cran.